Jambon veut un centre administratif pour migrants à Steenokkerzeel

Le ministre de l'Intérieur veut démanteler le "hub migratoire" qui s'est constitué, selon lui, au Parc Maximilien à Bruxelles et dont se serviraient les trafiquants d'êtres humains. ©EPA

Toutes les personnes qui pénètrent illégalement en Belgique dans l'optique de se rendre au Royaume-Uni seront bientôt emmenées au 127bis à Steenokkerzeel, dans un "centre administratif national pour la transmigration".

Le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA), et le Secrétaire d'Etat à la migration, Theo Francken (N-VA) Asile et migration tentent de gérer le flux de migrants débarquant en Belgique et de contrer la migration illégale. Ils développent pour cela tout un panel de mesure.

Ainsi, un centre administratif national pour la transmigration sera prochainement installé au centre 127bis à Steenokkerzeel, annoncent-ils. Pour qui? Pour toutes les personnes qui pénètrent illégalement en Belgique dans l'optique de se rendre au Royaume-Uni.

"Dans la première phase, les groupes de transmigrants interceptés lors de grandes actions seront concernés. Mais l'objectif est qu'à court terme tous les transmigrants interceptés par les polices locales et fédérales - où que ce soit dans le pays - seront aussi emmenés", indique le cabinet du ministre Jan Jambon.

Un centre administratif national pour la transmigration sera prochainement installé au centre 127bis à Steenokkerzeel, ont annoncé le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA), et le Secrétaire d'Etat à la migration, Theo Francken (N-VA). ©Photo News

Pour que faire? La police fédérale y traitera les dossiers administratifs, pourra enregistrer des empreintes digitales et mener des recherches dans la banque de données. Les personnes concernées pourront aussi être détenues en centre fermé dans l'attente d'une décision de l'Office des étrangers. Ces démarches devraient "soulager considérablement les zones de police locales". Des véhicules de la police fédérale seront en outre mise à disposition et l'armée déploiera chaque jour un bus entre Bruxelles et Zeebrugge.

La Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés dénonce ces nouvelles mesures. Selon son porte-parole Mehdhi Kassou, il s'agit de mesures coûteuses, inefficaces et destinées à occulter des problèmes plus urgents:
"Le gouvernement ajoute une fois de plus des mesures coûteuses et répressives pour de moindres résultats. Il nous semble aberrant qu'on augmente le nombre de places en centre fermé à raison de 210 euros par jour et par personne au lieu d'utiliser des places déjà existantes dans tout le réseau d'accueil (Fedasil, centres ouverts, etc.) et qui reviennent à 36 euros par jour et par personne."

"Nous nous demandons également comment le gouvernement compte s'y prendre pour évacuer un lieu de passage comme le parc Maximilien."

Quelles sont les autres mesures du paquet élaboré par les ministres N-VA pour contrer la migration illégale?

· Prochainement, le doublement de la capacité des centres fermés est également envisagé, spécifiquement pour les transmigrants (de 70 à 160 places). Ce sont depuis ces centres que des retours vers le pays d'origine ou le pays d'arrivée en Europe sont organisés pour les personnes en transit dans l'illégalité. Une intensification des contrôles de police est aussi prévue sur les routes qu'ils empruntent (parkings autoroutiers, trains, etc.).

Et aussi...

· Le ministre Jambon s'attellera à une sécurisation renforcée du port de Zeebrugge. Mercredi, il rendra visite aux autorités portuaires en compagnie de Francken. Le centre fédéral de crise est chargé d'étudier les mesures qui peuvent être prises sur le modèle de ce qui a été fait pour l'aéroport national de Bruxelles.

· Dès ce lundi matin, une vaste campagne de communication ciblée à destination des personnes qui souhaiteraient séjourner illégalement en Belgique pour atteindre le Royaume-Uni sera lancée sur les médias sociaux. A moyen terme, elle visera également à décourager les migrants potentiels dans les pays d'origine et de transit.

· Des actions quotidiennes sont annoncées ainsi que des actions complémentaires de grande ampleur dans certaines communes, avec l'appui de la police fédérale. Les gouverneurs de province coordonneront ces actions. En Flandre occidentale, le gouverneur a reçu la mission de se mettre immédiatement à la tâche.

· Le ministre de l'Intérieur veut dans ce cadre démanteler le "hub migratoire" qui s'est constitué, selon lui, au Parc Maximilien à Bruxelles, à deux pas de la Gare du Nord, et dont se serviraient les trafiquants d'êtres humains. Il "entamera des discussions avec le bourgmestre Close pour entreprendre des actions le plus vite possible dans le cadre du démantèlement du Parc Maximilien", explique le cabinet.

Une réunion au cabinet de l'Intérieur avec le bourgmestre est prévue en début d'après-midi. Pour rappel, un nouveau centre à Neder-Over-Hembeek est censé devenir le pivot d’un nouveau modèle suivant lequel les demandeurs s’enregistreront à Neder-Over-Heembeek, y passeront un maximum d’un mois pour être ensuite envoyés vers un centre d’accueil adapté. Mais le bourgmestre de la Bruxelles n'en veut pas.

Le plan de Bruxelles

La Ville de Bruxelles a aussi son plan pour déplacer les migrants installés dans le parc Maximilien.

Le voici: Lisez Bruxelles ne veut plus de migrants au parc Maximilien

 

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