Jan Jambon: "les chiffres démontrent la nécessité de l'opération"

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Le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a vivement critiqué la décision de la Belgique de renforcer ses contrôles à la frontière avec la France face à la possibilité d'une évacuation de la partie sud de la "jungle" de Calais et d'un afflux de migrants. Pour le premier policier de France, l'afflux de migrants craint par les autorités belges est inexistant. Jan Jambon répond.

Les chiffres démontrent la nécessité de l'opération. Le jour précédant les contrôles, cela concernait 32 personnes à Adinkerke, et au premier jour des contrôles, 100 personnes.
Jan Jambon
Ministre de l'Intérieur

Mardi dernier, sous l'impulsion du ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, la Belgique a entrepris de déployer des centaines de policiers à la frontière française. Le but, procéder à des contrôles aux points de passage avec la France, notamment près de la côte ainsi que dans les environs du port de Zeebrugge, où des migrants quittant la "jungle" de Calais pourraient vouloir se rendre. Cette mesure ne plaît pas à Bernard Cazeneuve, ministre français de l'Intérieur, et il l'a fait savoir. 

Une "étrange" décision

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Selon lui, la décision des autorités belges a été prise avant l'annonce du tribunal administratif de Lille, qui doit dire ce jeudi s'il accepte ou rejette le recours de huit associations contre l'arrêté d'expulsion de la partie sud de la "jungle". Pour "Prétendre qu'il pourrait y avoir, en raison de cette mise à l'abri, un afflux de migrants à la frontière belge ne correspond tout simplement pas à la réalité", a expliqué Bernard Cazeneuve à son arrivée à une réunion des ministres de l'Intérieur de l'UE. "Lorsque l'on prend une décision de ce type, on peut la prendre par le dialogue et on peut la prendre en ayant préalablement informé le pays concerné, ce qui n'a pas été le cas", a-t-il ajouté.

Cette décision est pour nous étrange et ses motivations le sont tout autant.
Bernard Cazeneuve
Ministre français de l'Intérieur

La préfète du Nord-Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, a écarté mardi, a priori, le recours à la force pour l'évacuation si le tribunal administratif de Lille donne son feu vert. Elle a insisté sur les alternatives offertes aux migrants.

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Notre ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, avait déclaré mardi que la Belgique assistait "d'ores et déjà à un déplacement de migrants de Calais" vers son territoire. "Lorsque les camps en France seront évacués, nous pourrions faire face à un afflux de plusieurs milliers de personnes", avait-il alors expliqué.

Réagissant aux propos de son homologue français Bernard Cazeneuve, Jan Jambon a assuré que la Belgique avait "bien suivi" les procédures prévues par l'Union européenne pour instaurer des contrôles à la frontière:

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"Nous avons eu un contact au niveau opérationnel avec la France et des contacts bilatéraux ont eu lieu entre les Premiers ministres et les ministres de l'Intérieur de France et de Belgique." "Les chiffres démontrent la nécessité de l'opération. Le jour précédant les contrôles, cela concernait 32 personnes à Adinkerke, et au premier jour des contrôles, 100 personnes."  "J'ai beaucoup de compréhension pour la situation en France. C'est pourquoi j'ai envoyé une lettre à Monsieur Cazeneuve pour lui demander de poursuivre la collaboration pour une politique de retour, qui est la solution profonde de cette problématique."

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