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L'aide à l'Afrique détournée

3,4 milliards d’euros sont affectés par l'UE au développement économique de l’Afrique. Cependant, de nombreux projets n’ont rien à voir avec l’économie, ni la création d’entreprises. En Libye, 46,3 millions d’euros sont ainsi consacrés au financement des garde-côtes. ©AFP

Ce jeudi au sommet européen, le chancelier autrichien Sebastian Kurz, en coalition avec l’extrême droite, fera rapport sur les "avancées" en matière migratoire.

Pour lui, comme pour le gouvernement italien, où l’extrême droite est aussi au pouvoir, la question se résume à la tolérance zéro et la fermeture des frontières. Ils ont saisi le filon électoral, "la peur des migrants", alors que la crise migratoire s’est tarie depuis deux ans. Cette vision va jusqu’à s’imposer au cœur de programmes où, sous couvert d’une aide au développement, l’Europe exige des pays tiers un renforcement de leurs frontières.

Au plus fort de la crise migratoire de 2015, l’UE créait un fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique pour "combattre les causes profondes de la migration irrégulière". 3,4 milliards d’euros, affectés au développement économique de l’Afrique. Une idée intelligente. La réalisation l’est moins. À lire les rapports d’avancement, de nombreux projets n’ont rien à voir avec l’économie, ni la création d’entreprises. Exemples? En Libye, 46,3 millions d’euros sont consacrés au financement des garde-côtes. Pas un mot sur l’économie ou la lutte contre l’esclavagisme. Au Mali, 29 millions sont affectés aux frontières.

À force de faire de la fermeture des frontières son leitmotiv, l’Europe va finir par réveiller pour de bon ses vieux démons.

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