La Grèce en voie de devenir un camp de migrants géant

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Face à la crise migratoire qui déferle sur l'Europe, la Commission européenne pointe du doigt la Grèce qui n'a pas accompli assez d'efforts et menace la République hellénique de quarantaine si elle ne change pas les choses. Et vite.

La Grèce est débordée par ses migrants. Rien qu'en janvier, le pays a déjà vu arriver quelque 47.000 candidats à l'asile.

• Réaction n°1 de l'UE: la solidarité

L'Union européenne a dans un premier temps fait preuve de solidarité. 64.400 réfugiés arrivés en Grèce devaient être renvoyés dans d'autres pays européens. Mais l'opération s'est soldée pour l'instant par un échec cuisant. Seules 646 ont été offertes.

• Réaction n°2 de l'UE: le blâme

La Commission européenne estime - rapport à la clé - que "la Grèce a sérieusement négligé ses obligations" dans sa gestion de sa frontière. Elle lui reproche principalement de mal enregistrer les migrants.

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Les Grecs ont pris du retard pour ouvrir les cinq "hotspots" d'enregistrement prévus sur les principales îles d'arrivée, permettant notamment de recueillir d'emblée informatiquement les empreintes digitales. Le ministre chargé de la politique migratoire, Yannis Mouzalas, a tenté de rassurer en annonçant l'ouverture de ces "hotspots" fin février-début mars.

La Grèce a aussi eu du mal à collaborer avec l'agence de surveillance des frontières extérieures Frontex, qui a maintenant une quinzaine de bateaux en patrouille avec les garde-côtes en mer Égée, essentiellement pour du sauvetage, car le refoulement en mer n'est pas autorisé, a souligné lundi la porte-parole de Frontex.

• Réaction n°3 de l'UE: la quarantaine

On n'y est pas encore, mais c'est la menace qui pointe le bout de son nez. La Grèce doit mettre à jour ses infrastructures dans les trois mois, sinon elle risque d'être mise en quarantaine par ses pairs de l'espace Schengen.

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Concrètement, des contrôles aux frontières nationales des pays de l'espace Schengen pourraient être rétablis pour deux ans. Une telle mesure isolerait la Grèce à l'extrémité du continent, face à la Turquie qui a déjà laissé quelque 850.000 personnes traverser l'Égée en 2015. Avec cette fois le risque que les arrivants, au lieu de filer en quasi-totalité vers le nord comme actuellement, lui restent sur les bras. Elle deviendrait alors un camp de migrants géant.

Ces nouveaux contrôles possibles s'ajouteraient aux contrôles frontaliers de six autres pays européens (Allemagne, Autriche, Suède, Danemark, Norvège et France). La crise migratoire va-t-elle modifier les contours de l'espace Schengen?

Le secrétaire d'État belge à l'asile et à la migration, Theo Francken, a par ailleurs suggéré cette semaine d'augmenter les capacités d'accueil de la Grèce, de 200 à 300.000 personnes, "et pas 8.000 comme aujourd'hui, c'est ridicule".

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