La Hongrie place tous ses migrants en détention

Patrouille sur le frontière hongro-serbe. ©REUTERS

Le Parlement hongrois a décidé de la mise en détention systématique de tous les migrants entrés dans le pays.

La Hongrie rétablit la détention systématique des migrants.

• Cette mesure existait précédemment et avait été supprimée en 2013 sous la pression de l'Union européenne et du Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR).

La loi, approuvée mardi par le Parlement hongrois, vise concrètement à placer systématiquement en détention tous les demandeurs d'asile présents dans le pays.

La loi adoptée s'appliquera tant aux nouveaux venus qu'aux demandeurs d'asile déjà hébergés dans le pays, au nombre de 586 en février. Les migrants seront placés dans des "zones de transit" aux frontières serbe et croate, où il seront détenus dans l'attente d'une décision définitive concernant leur demande d'asile. Il leur sera possible de quitter les lieux s'ils retournent dans le pays par lequel ils sont arrivés.

 

→ Le Conseil de l'Europe s'inquiète.

"Le fait de priver automatiquement de leur liberté tous les demandeurs d'asile serait une violation claire des obligations de la Hongrie" au titre de cette Convention, a déclaré le commissaire aux droits de l'homme de l'organisation paneuropéenne, Nils Muiznieks.

Le juriste letton s'est dit "très inquiet" de l'adoption de cette loi, laquelle est "susceptible d'exacerber la situation déjà très problématique des demandeurs d'asile en Hongrie".

→ Selon la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), "placer en détention une personne dans le but de lui refuser l'entrée sur le territoire ou de la renvoyer (dans son pays d'origine) doit être une mesure de dernier recours, uniquement si des alternatives moins coercitives ne peuvent être utilisées", a rappelé Muiznieks.

 

• Vives critiques

→ Le commissaire européen chargé des Migrations, Dimitris Avramopoulos, se rendra prochainement en Hongrie pour une "discussion sérieuse" avec les autorités de ce pays. "Le Collège (des commissaires) a conclu" que M. Avramopoulos irait "en Hongrie pour une discussion sérieuse avec les autorités hongroises", avant de réexaminer le sujet à la lumière d'une évaluation juridique détaillée, a-t-elle ajouté, précisant que la visite pourrait avoir lieu "la semaine prochaine ou celle d'après".

→ Le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) s'était dit "profondément préoccupé" par l'adoption de cette nouvelle législation, qui selon lui "viole les obligations de la Hongrie vis-à-vis des lois internationales et européennes".

→ Le Comité d'Helsinki Hongrie a également vivement critiqué la nouvelle loi, jugeant que "la Hongrie parachève sa politique consistant à ignorer totalement ses obligations selon le droit européen et international et à piétiner les droits des demandeurs d'asile".

©Photo News

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