La jeune capitaine qui défie Matteo Salvini

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Le navire humanitaire Sea-Watch est entré dans les eaux territoriales italiennes pour tenter de débarquer à Lampedusa 42 migrants bloqués à bord depuis deux semaines. Le ministre d'extrême droite Matteo Salvini est en furie.

"J'ai décidé d'entrer dans le port de Lampedusa. Je sais ce que je risque, mais les 42 naufragés à bord sont épuisés. Je les emmène en lieu sûr."


Ceux qui se foutent des règles doivent en répondre, je le dis aussi à cette emmerdeuse de capitaine du Sea-Watch qui fait de la politique sur la peau des immigrés, payée par on ne sait qui.
Matteo Salvini
Ministre de l'Intérieur italien

Carola Rackete, la capitaine allemande du navire humanitaire Sea-Watch, a forcé mercredi le blocus des eaux territoriales italiennes pour tenter de débarquer sur l'île de Lampedusa les 42 migrants bloqués à bord depuis deux semaines. Le navire qui avait récupéré 53 migrants au large des côtes libyennes se trouvait dans les eaux internationales depuis le 12 juin. Il avait déjà remis onze migrants aux gardes-côtes italiens pour des raisons médicales.

La capitaine, qui est âgée de 31 ans, a décidé de passer outre le blocus décrété par les autorités italiennes, faisant valoir que la situation à bord est "plus désespérée que jamais".

Évidemment, le ministre de l'Intérieur italien, Matteo Salvini, n'a pas apprécié...

Sur sa page Facebook, le chef de file de la Ligue d'extrême droite a lâché ses flèches. Selon lui, le bateau s'était placé "hors la loi" et le gouvernement des Pays-Bas doit prendre ses responsabilités, puisque le navire bat pavillon néerlandais. Des vaisseaux des gardes-côtes italiens ont quitté Lampedusa mercredi pour rejoindre le Sea-Watch.

L'effet Savini

Depuis l'arrivée au pouvoir de la Ligue de Salvini en coalition avec le Mouvement 5 Etoiles, il y a un an, les arrivées de migrants sur les côtes italiennes ont chuté de façon spectaculaire: depuis le début de l'année, les autorités ont comptabilisé quelque 2.456 arrivées, en recul de 85% par rapport à la même période de 2018 et de 96% par rapport à 2017. 

En vertu d'un décret pris en juin, le ministère italien de l'Intérieur a le pouvoir d'interdire les eaux italiennes à tout navire qu'il estime représenter une menace pour la sécurité et l'ordre public. L'ONG Sea-Watch a saisi la Cour européenne des droits de l'homme qui a estimé mardi que l'Italie n'avait pas l'obligation d'autoriser les migrants à débarquer sur son territoire mais qu'elle devait fournir une assistance en mer.

→ Carola Rackete et les responsables de Sea-Watch risquent des poursuites pour aide à l'immigration clandestine, la saisie du bateau et une amende de 50.000 euros.

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