La justice européenne désavoue les pays de l'Est sur les réfugiés

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La Cour de justice de l'UE rejette les recours hongrois et slovaque contre les quotas d'accueil de réfugiés.

La Cour de justice de l'UE a rejeté "dans leur intégralité" les recours déposés par la Hongrie et la Slovaquie contre les quotas d'accueil de réfugiés décidés en septembre 2015 par les dirigeants européens, au plus fort de la crise migratoire.

La justice européenne estime dans son arrêt que le mécanisme dénoncé par les deux Etats membres "contribue effectivement et de manière proportionnée" à soulager la Grèce et l'Italie, débordées par l'afflux de migrants. Fin juillet, l'avocat général de la CJUE, Yves Bot, avait déjà rejeté les arguments présentés par Bratislava et Budapest. Son avis n'est toutefois pas contraignant mais s'il est généralement suivi par le tribunal.

A quelques jours de l'échéance du mécanisme fixée fin septembre, cette victoire judiciaire pour les institutions de l'UE ne change rien au fait que les "relocalisations" de demandeurs d'asile - jamais acceptées par certains pays et devenus symbole des divisions européennes face à la crise migratoire - n'atteindront pas les résultats envisagés.

Une "décision correcte" pour Thep Francken

Le secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Theo Francken (N-VA) s'est déclaré satisfait de l'arrêt de la CJUE. "C'est une décision correcte", a-t-il commenté depuis le Liban, où il effectue une visite de travail. "Il faut faire preuve de solidarité, mais des deux côtés. Aucun pays ne prend des réfugiés supplémentaires par plaisir. A ce moment de la crise, il fallait se montrer solidaires avec l'Italie et la Grèce, via une répartition correcte dans tous les Etats membres", a-t-il encore déclaré.

La question des quotas d'accueil des migrants divise le bloc européen depuis plus de deux ans. Les hauts responsables de l'UE espèrent que la décision de la CJUE permettra de clore le sujet et de reprendre les discussions sur la politique d'asile en Europe.

A Bratislava, on se prépare au rejet de ce recours.

-> Les arguments de la Hongrie et de la Slovaquie

Les gouvernements du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie) sont fermement opposés au plan de relocalisation des migrants et réfugiés dans l'UE, adopté lors de la crise migratoire de 2015. Selon eux, ce plan: 

rogne leur souveraineté
met aussi en danger l'homogénéité culturelle de leurs sociétés.

Ils font valoir que le bloc devrait avant tout renforcer le contrôle de ses frontières extérieures pour réduire l'immigration illégale.

-> La crise migratoire en chiffre

Depuis 2014, l'UE a accueilli plus de 1,7 million de migrants et réfugiés en provenance du Moyen-Orient et d'Afrique. Mais après l'afflux massif de 2015, le nombre d'arrivées abaissé régulièrement.

La Commission européenne a précisé en juillet qu'environ 24.700 personnes avaient été transférées hors d'Italie et de Grèce en vertu de son plan de relocalisation, au lieu des 160.000 prévues.

La Hongrie et la Pologne n'ont pas accueilli un seul réfugié, la Slovaquie et la République tchèque en ont reçu chacune une dizaine.

Le commissaire européen aux Migrations Dimitris Avramopoulos est attendu ce midi pour faire le point sur l'état de la politique migratoire.

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