Le cdH s'étonne que Theo Francken soit toujours en place

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Les réactions se multiplient à l'égard des propos de Theo Francken. Le cdH s'étonne qu'il n'ait pas encore démission après ses erreurs multiples. Didier Reynders, vice-premier ministre MR, a de son côté loué "le travail au jour le jour" du secrétaire d'Etat à l'Asile et aux Migrations même s'il a souligné l'"erreur de forme" commise par son collègue sur les réseaux sociaux.

Invité sur les ondes de la Première (RTBF) ce jeudi matin, Didier Reynders est revenu sur les propos polémiques de Theo Francken. Ce dernier avait rejeté les critiques sur l'ouverture de places jugées inappropriées dans un bâtiment, se demandant si les réfugiés préféraient leurs tentes "douillettes" à cet abri qui reste quasiment vide.

C'est une "vraie maladresse" et "cela a choqué", a commenté Didier Reynders, invitant le personnel politique à la prudence sur les réseaux sociaux. "Quand on est en charge de certaines compétences, il y a certaines choses que l'on ne fait pas", a-t-il encore déclaré.

Une erreur de forme

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Le ministre des Affaires étrangères voit dans cette sortie sur Twitter une erreur de forme et non pas l'expression d'une ligne dure à la N-VA en matière d'immigration. Cette ligne dure s'exprime à travers différentes déclarations, dans le chef notamment de la ministre flamande Liesbeth Homans. "Je ne partage pas tous les discours tenus mais je renvoie à la responsabilité du gouvernement flamand", a commenté à cet égard le ministre Reynders.

Ce n'est pas une première

Au cdH aussi, on s'insurge: "A l'heure où certains réclament la démission de Theo Francken, le cdH s'étonne qu'il soit toujours en place."

"Le secrétaire d'Etat NV-A termine sa première année dans ce gouvernement comme il l'a commencée: avec des outrances et une attitude méprisante", dénonce le cdH. Les Humanistes regrettent que le Premier ministre se soit "trompé" en affirmant - en octobre 2014 - que "ça n'arriverait plus, que ce serait la dernière fois". Theo Francken avait alors exprimé sur Facebook son doute quant à la valeur ajoutée des minorités marocaines, congolaises et algériennes

Un conseiller communal PS à Sambreville (province de Namur), Freddy Delvaux, a tenu des propos sur Facebook dans lesquels il compare l'immigration à une "invasion". "Protéger son pays d'une invasion n'est pas du racisme ni de la xénophobie mais du patriotisme", a-t-il posté sur fond de drapeau belge.

Le président de la fédération namuroise du Parti socialiste, Robert Joly, a annoncé jeudi l'avoir convoqué afin d'entendre ses explications quant à des propos tenus sur Facebook. Après cette audition, la Commission de vigilance habilitée pourrait prendre d'éventuelles sanctions allant de la réprimande jusqu'à l'exclusion.

Rififi à la N-VA

De son côté, Theo Francken était interrogé sur la VRT-Radio. Il a reconnu que son tweet était "sèchement libellé" et précisé que contrairement à l'interprétation qu'on en a fait, il n'exigeait pas d'excuses des réfugiés eux-mêmes. Mais le secrétaire d'Etat continue à soutenir son propre tweet.

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Cette sortie, et d'autres, notamment du président de la N-VA Bart De Wever, avait suscité des critiques en interne, de la part du président du Parlement flamand, le nationaliste Jan Peumans. Celles-ci n'émeuvent pas outre mesure Theo Francken. "J'ai parlé avec Jan Peumans hier. Affaire classée. Lors des journées parlementaires du parti, j'ai pris la parole durant une heure sur la migration et j'ai été largement applaudi par nos parlementaires".

Theo Francken est d'avis que la politique d'asile menée en Belgique a valeur d'exemple sur la scène européenne. Il dit avoir peu de leçon à recevoir de l'opposition. "Lors de la dernière crise de l'asile, les gens dormaient à la rue. En quatre mois, nous avons ouvert 10.000 places. Lors de la crise précédente, il avait fallu quatre ans pour en ouvrir autant".

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