Le parc Maximilien met la Ville de Bruxelles sous tension

©Kristof Vadino

La situation des migrants devient le dossier noir de la campagne électorale. La majorité à la Ville de Bruxelles est ébranlée. La situation humanitaire se dégrade dans le quartier de l’Office des étrangers.

Source fédérale: "Vous allez voir, avec le froid, des tentes vont apparaître." Les problèmes rencontrés au centre d’accueil de la Porte d’Ulysse n’augurent rien de bon quant à la situation des centaines de personnes sans domicile qui occupent jour après jour le parc Maximilien à Bruxelles. On y trouve pêle-mêle des migrants en transit vers le Royaume-Uni et des demandeurs d’asile potentiels côtoyant des SDF de la capitale. Une misère qui charrie son lot de violence et qui mobilise un monde associatif dont l’action a au moins temporairement atteint ses limites.

La plateforme citoyenne a annoncé la suspension de son action humanitaire en raison de tensions grandissantes dans le centre d’accueil et dans le parc. Par-dessus ce triste spectacle, les joutes politiciennes sont alimentées par les élections communales approchant.

On va tenter de démêler tout ça.

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Bruxelles ne contrôle pas

Qui est responsable de quoi? C’est le niveau fédéral qui est compétent pour la politique de migration de l’État belge et de l’accueil des demandeurs d’asile. C’est ce qui permet aux autorités de la Ville de Bruxelles de dire qu’elles pallient un sous-investissement du gouvernement Michel dans la prise en charge du problème, en particulier de celui des transmigrants, ces personnes restant en Belgique dans l’espoir de rejoindre le Royaume-Uni. "Il n’y a pas de solution à court terme au problème des transmigrants", admettait Theo Francken (N-VA), secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration dans une récente interview.

La police locale, en l’occurrence la zone de police Bruxelles-Ixelles est chargée sous tutelle des communes du contrôle des personnes. Si elle interpelle un migrant ne jouissant pas du droit de séjourner en Belgique, elle transmet l’information à l’Office des étrangers. L’administration fédérale ordonne alors, selon les cas, le placement en centre fermé, l’expulsion ou la simple remise d’un ordre de quitter le territoire avant libération. Ceci en fonction de la situation individuelle du migrant, de son pays d’origine et des places disponibles en centres fermés.

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Interrogé par L’Echo, l’Office des étrangers précise que la police zonale de Bruxelles ne mène apparemment aucune opération de contrôle des migrants dans le parc Maximilien. "Il n’y a pas de collaboration avec la police de Bruxelles, aucun dossier ne nous a donc été transmis cette année", précise la porte-parole de l’Office. Des contrôles ont par contre lieux dans le périmètre voisin de la gare du Nord, sous responsabilité de la police fédérale. Cette posture de la Ville de Bruxelles fait dire à Theo Francken que la commune ne joue pas son rôle et ne fait qu’entretenir la concentration de migrants dans le parc. On rappellera ici que ce sont la Région et la Ville qui ont financé le maintient du centre d’accueil de la Porte d’Ulysse. Il est géré par la plateforme citoyenne qui vient en aide aux migrants dans le parc.

Tensions PS-MR

L’attitude de Philippe Close, bourgmestre PS de Bruxelles et donc chef de la police (il ne souhaite pas réagir), crée par ailleurs de vives tensions au sein de la majorité en place à la Ville. Elle indispose le MR dont le chef de file, l’échevin Alain Courtois, demandait cet été (après une rencontre avec Theo Francken) que le parc soit évacué. Il réclame des opérations de police intensifiées et l’ouverture d’un nouveau lieu d’hébergement. Il n’a été entendu ni par son partenaire PS, ni par le Fédéral où son parti est pourtant associé à la N-VA. À la Ville, PS et MR tentent de masquer ces dissensions de peur de faire exploser la majorité à la veille des élections.

"Il n’y a a pas de collaboration avec la police de Bruxelles."
L’Office des étrangers

En attendant, les riverains du parc vivent difficilement ce campement de fortune et les nuisances qu’il génère. Si viennent s’y ajouter des problèmes de sécurité, la pression ira grandissante sur les autorités communales et leur police. Tous les ingrédients sont donc réunis pour exacerber les tensions politiques. En lumière: l’incapacité des pouvoirs publics à gérer un afflux qui pour l’heure, ne concerne que 5 à 600 personnes.

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