Les Belges sont-ils radins et égoïstes?

Au niveau mondial, l'aide publique au développement a enregistré une hausse de 8,9% en 2016 ©REUTERS

Alors que les aides au développement des pays industrialisés ont augmenté de 8,9% en 2016, l'aide publique belge plafonne à un niveau "historiquement" faible.

Il suffit de suivre l'actualité de temps en temps pour se rendre compte que le monde tourne mal et ce sont souvent les pays du sud qui sont victimes de tous les maux (Syrie, RDC, Egypte, Ethiopie, Paraguay, Colombie...).

Heureusement, les pays développés mettent régulièrement la main au portefeuille. L'aide publique au développement a enregistré une hausse de 8,9% en 2016, passant de 131,6 à 142,6 milliards de dollars américains. L'aide s'est accrue dans 22 pays dont l'Allemagne et l'Espagne. Les sommes consacrées à l'aide aux réfugiés ont grimpé de 27,5%, passant de 12,1 milliards à 15,4 milliards de dollars, a précisé l'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) dans un rapport. Mais même en excluant cette catégorie, les aides au développement s'affichent toujours en hausse, de 7,1% et ont doublé depuis l'an 2000.

©OCDE

Oui, mais pas d'euphorie. Le montant alloué aux pays en développement ne représente que 0,32% du revenu national brut des pays donateurs, soit bien moins que l'objectif international de 0,7%. De plus, sept pays ont diminué le montant de leur aide dont l'Australie et les Pays-Bas. Par ailleurs, la hausse générale enregistrée résulte en grande partie de l'aide consacrée à l'accueil des réfugiés sur le territoire des pays concernés. Enfin, "l'aide mondiale destinée aux pays les moins avancés a baissé de près de 4%", analyse le CNCD. L'Afrique a notamment été touchée par une baisse de l'aide bilatérale de 0,5%, à 24 milliards d'euros.

L'aide réelle belge plafonne

Et en Belgique? L'aide publique au développement a enregistré en 2016 une légère hausse, passant de 0,42% du revenu national brut à 0,49%. Cependant, précise le CNCD, "cette augmentation s'explique essentiellement par la comptabilisation des frais d'accueil des demandeurs d'asile et du financement de l'externalisation des frontières en Turquie et en Afrique".

"La Belgique est, plus que jamais, le premier pays destinataire de sa propre aide au développement."
CNCD

Quelque 17% de l'aide belge au développement sont destinés aux frais relatifs à l'accueil des demandeurs d'asile par Fedasil. Par conséquent, "la Belgique est, plus que jamais, le premier pays destinataire de sa propre aide au développement", poursuit l'organisation. "L'aide réelle disponible pour financer des projets concrets de développement dans les pays pauvres plafonne en réalité à un niveau historiquement faible", regrette le CNCD.

En réaction, le cabinet du ministre de la Coopération au Développement Alexander De Croo (Open VLD) affirme que la hausse du budget belge n'est pas uniquement imputable à l'accueil des réfugiés dans notre pays, mais que celui destiné à la coopération au développement et l'aide humanitaire a également augmenté de 1,01 milliard d'euros en 2015 à 1,139 milliard l'an dernier. De plus, le cabinet estime qu'il ne faut pas uniquement s'attacher au budget. "Il faut aussi regarder les impacts. A ce niveau-là, il (le ministre) mène une politique bien plus stricte et accorde plus d'attention aux résultats", qu'à l'époque du gouvernement Verhofstadt I.


Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content