Les chiffres de la migration en Belgique étonnent

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Alors que globalement, le nombre de migrants arrivant en Europe diminue, la Belgique ne suit pas cette tendance. Pourquoi? En fait, le processus migratoire est entré dans une nouvelle phase. Explications.

La Belgique a enregistré, pour l'année 2018 et jusqu'au mois d'octobre, 20.000 demandes d'asile. En seulement dix mois, c'est déjà plus qu'en 2016 et 2017. Une augmentation qui étonne vu que la vague migratoire vers l'Europe est plutôt en train de s'essouffler. 

Ainsi, l'Union européenne comptabilise 138.000 entrées illégales sur son sol pour 2018 (jusqu'au mois de novembre inclus), alors qu'en 2015, il y en avait 2 millions.

→ Comment expliquer que la Belgique ne suive pas la tendance générale?

En fait, il semble qu'il y ait en Belgique un nombre important de demandeurs d'asile qui ne soient pas de nouveaux arrivants sur le continent. Ils sont arrivés en Europe depuis un certain temps déjà, mais n'ont rejoint la Belgique que récemment. Les chiffres de l'Office des Étrangers le prouvent.

Le processus migratoire semble globalement être entré dans une nouvelle phase. Il y a de moins en moins de migrants qui arrivent directement chez nous rapidement après avoir traversé la Méditerranée. Et il y en a toujours plus qui proviennent d'un autre pays européen où ils ont déjà déposé une demande d'asile, mais n'ont pas reçu de réponse. Ils partent alors tenter leur chance ailleurs.

Ainsi, les chiffres de la base de données Eurodac (où toutes les empreintes digitales de demandeurs d'asile ou de migrants sont enregistrées  après leur entrée illégale dans l'UE) montrent qu'une demande d'asile sur trois en octobre donnait une occurrence déjà enregistrée. Juillet a même donné plus de quatre occurrences sur dix.

Ainsi, l'Allemagne avait accumulé de gros retards dans le traitement des dossiers des migrants, suite à la forte vague migratoire de 2015. Aujourd'hui, l'essentiel du retard est résorbé et certains migrants ont seulement reçu récemment un avis de refus. Ils tentent donc leur chance ailleurs. En Belgique, aux Pays-Bas, en France...

Certains migrants arrivent aussi chez nous alors qu'ils avaient reçu un statut de réfugié ailleurs, mais ont vu leur situation changer. En outre, les pays scandinaves, auparavant très prisés par les demandeurs d'asile, ont durci les conditions pour la reconnaissance du statut de réfugié et ont en même temps renforcé leur surveillance aux frontières.

La Belgique note une forte hausse de demandes émanant  de Palestiniens. Ceux-ci arrivent via l'Espagne. Mais les services de la migration se demandent si certains migrants ne se prétendent pas Palestiniens uniquement pour obtenir une protection facilement. Autres explications, l'ouverture de la frontière avec l'Égypte, ce qui facilite les passages, et l'expulsion par l'Arabie saoudite de nombreux travailleurs, notamment des Palestiniens.  Pour ceux-ci, Bruxelles reste une bonne option: ils reçoivent rapidement un statut de réfugié, ils peuvent vite faire venir leur famille et la communauté arabophone est importante chez nous. 

Fedasil ouvre un centre d'accueil temporaire pour demandeurs d'asile à Lommel

Fedasil ouvrrira cette semaine à Lommel un centre d'hébergement temporaire pour les demandeurs d'asile afin de combler le manque de places durant la période de Noël.

Le centre sera ouvert pour une période de trois mois et peut accueillir jusqu'à 500 personnes.

Il servira principalement de "tampon" pendant les vacances de Noël, selon un communiqué de presse de Fedasil.

Fedasi souhaite ainsi empêcher "que les familles ne bénéficient pas de services de garde pendant les jours de fermeture des autorités chargées de l'asile pendant la période de Noël".

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