Les entreprises belges freinées dans leur envie d'aider les réfugiés

©Nicolas Vadot

Les entreprises belges veulent aider les réfugiés qui affluent dans le pays. Mais force est de constater que leur volonté reste confinée à une aide logistique. En cause, les freins administratifs menant au statut de réfugié.

Des femmes, des enfants, des hommes amassés sur des rafiots. L’image fait malheureusement désormais partie de notre quotidien. Jour après jour, les réfugiés continuent d’affluer sur les plages grecques, turques, italiennes,….. Ils viennent de Syrie, du Kosovo, d’Afghanistan, d’Irak.

En France, des groupes comme BNP Paribas et Axa ont annoncé avoir débloqué des budgets de respectivement 1 et 5 millions d’euros pour soutenir diverses initiatives d’aide aux réfugiés. Des initiatives déclinées au sein de leurs filiales belges. Google a aussi lancé un appel aux dons, où il s’engage à doubler chaque euro versé.

Et en Belgique? "Nous devons faire quelque chose qui doit être légal, utile et surtout faisable. Créer des attentes sans pouvoir y répondre provoque de la frustration", expliquait il y a une semaine le président de la FEB, Pieter Timmermans.

Dans l’anonymat

Sept jours plus tard, où en sommes-nous? Au parc bruxellois Maximilien, ils sont toujours 500 à attendre leur tour devant l’Office des étrangers. "Les délais d’attente sont environ de 10 jours entre le moment où ils arrivent dans le camp et celui où ils entrent en phase de pré-accueil", explique Véronic Thirionet, de la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés du parc Maximilien.

Tant à la plateforme que chez Fedasil (l’Agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile), on reconnaît que le monde de l’entreprise ne reste pas les bras croisés: Proximus a installé un réseau wifi dans le parc. L’opérateur télécom, Lyca Mobile, a distribué des cartes prépayées. Samsung a proposé des machines à laver.

Puis, il y a ceux qui agissent dans l’anonymat. "Nous avons reçu des matelas pour les enfants, des vêtements, des gadgets. Une boulangerie nous a proposé ses invendus. Nous avons aussi reçu des produits de soins", explique Benoît Mansy, de Fedasil.

Frein administratif

1.058 places
Actuellement, le privé a décroché, par le biais d’un marché public, la gestion de 1.058 places d’accueil. Senior Assist négocie 600 places supplémentaires.

En termes d’accueil, le privé aussi s’organise. Ainsi, au moins deux sociétés ont répondu au marché public lancé en août dernier pour quelque 2.000 places.

Senior Assist, spécialiste de maisons de soins, met ainsi à disposition 528 places à Bruxelles et en Wallonie. Il négocie 600 places supplémentaires en Flandre.

Un partenariat noué entre G4S et THV Corsendonck offre 502 places à Retie et Turnhout.

"Pour l’instant, les soutiens sont davantage logistiques", affirme Véronic Thirionet. "Nous n’avons toujours pas d’actions concrètes du gouvernement pour désengorger le parc. Les entreprises qui veulent offrir des solutions d’intégration sont donc bloquées par le frein administratif".

"Les entreprises qui veulent offrir des solutions d’intégration sont donc bloquées par le frein administratif".
Véronic Thirionet
Plateforme citoyene

"Ecouter les talents"

Unizo n’a pas voulu attendre pour "écouter les talents". L’union flamande des indépendants s’est rendue dans le parc afin de distribuer des guides expliquant les étapes nécessaires à la création d’une société en Belgique. "La Syrie comme l’Irak bénéficient d’une structure d’enseignement développée", explique Anton Van Assche, ajoutant que ces gens ont un métier et entendent reprendre une activité dès que leur statut le permettra.

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