Les migrants du quartier Nord au cœur d'une impasse politique

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Alors que près de 200 migrants séjournent pour l’instant dans et près du parc Maximilien, la mise en place d’un centre de pré-accueil ressemble à un parcours du combattant.

Au pied des tours du quartier Nord, le parc Maximilien est redevenu depuis plusieurs semaines le point de ralliement de nombreux migrants, venus pour la plupart de la corne de l’Afrique. L’organisation humanitaire Médecins du Monde (MdM) a comptabilisé "environ 200 personnes" dormant dans les alentours du parc et de la gare du nord, en grande partie des hommes.

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Mais l’organisation dit observer également "une augmentation du nombre de femmes et enfants, ainsi que de mineurs non accompagnés (Mena)". Sur place, les demandes en soins sont importantes et ne peuvent être toutes traitées avec les moyens actuels, regrette MdM, tandis que les opérations de police se multiplient et que les effets personnels des migrants sont régulièrement "nettoyés" par les autorités publiques.

→ Ce jeudi encore, des migrants se sont vus priés de ne plus dormir dans le parc, sous peine "d’emprisonnement de 3 mois", selon des témoignages récoltés sur place.

Cherche-t-on une solution?

Je ne me soucie pas de ces migrants illégaux.
Theo Francken

Après s’être inquiétés d’une situation se déroulant à l’intérieur de leurs frontières respectives, des représentants de la Ville de Bruxelles et de la commune de Schaerbeek (où se situe la gare du Nord) ont rencontré vendredi dernier les pouvoirs fédéraux compétents, dont le secrétaire d’État à l’Asile Theo Francken (N-VA). En fin de la réunion, la piste d’un centre de pré-accueil et d’information a été évoquée.

"J’ai cru de bonne foi qu’on avait trouvé un accord de principe", explique Bernard Guillaume (MR), bourgmestre faisant fonction de Schaerbeek, en revenant sur la rencontre. Mais près d’une semaine plus tard, force est de constater que personne ne semble en état de dire où se situera le centre en question ni quand il sera mis sur pied, même si plusieurs pistes circulent: un centre régional au boulevard Poincaré, un autre lieu à Anderlecht, le WTC3, voire un campement temporaire mis en place sur les lieux par des ONG? Pas de confirmations.

Centre d’orientation

Entre-temps, Theo Francken a pris soin de clarifier sa position, faisant savoir qu’il ne fallait pas compter sur lui pour mettre en place une telle structure. "Je ne me soucie pas de ces migrants illégaux. Ces gens, je vais les arrêter et les renvoyer dans leur pays s’ils ne veulent pas le faire volontairement", déclarait-il en début de semaine au micro de la VRT. Selon lui, les migrants du parc cherchent à joindre l’Angleterre et non à demander l’asile en Belgique. Leur prise en charge ne rentrerait donc pas dans son champ d’action.

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Une vision tronquée, regrette MdM qui, dans une lettre ouverte cosignée avec Vluchtelingenwerk Vlanderen et Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers (Ciré), déplorait déjà le 7 août, outre des "contacts négatifs" entre les autorités et les migrants, un manque d’informations mises à disposition de ces derniers, notamment sur les procédures européennes en matière d’asile. "Les migrants ont le droit d’être informés correctement", plaide Muriel Gonçalves, porte-parole l’ONG, qui demande l’ouverture d’un centre d’orientation.

Dans l’attente d’avancées politiques, les migrants continueront à dormir dehors.

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