Malaise et tollé autour de la délégation soudanaise

©BELGA

Telle est, sans doute, la première question à se poser, lorsqu’une polémique éclate au sujet de la politique du gouvernement Michel: Theo Francken (N-VA) en est-il à l’origine?

Cette semaine a vu en naître une nouvelle, et une belle, de polémique, impliquant le secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration. Le point de départ: le parc Maximilien, bordant la gare du Nord, à Bruxelles, et symbolisant à la perfection la crise liée à l’asile et à la migration. La hantise de Francken – et, plus largement, celle de Michel – est que ce parc ne se transforme en une "jungle", façon Calais. Or, la plupart des migrants qui passent par là ne souhaitent guère demander l’asile en Belgique et ne pensent qu’à la traversée vers le Royaume-Uni, avance Theo Francken. Dont la philosophie peut-être résumée de la sorte: qui ne sollicite pas l’asile doit être reconduit chez lui.

→ Lisez aussi notre Edito Le cas Francken

Le hic, c’est que pour pouvoir expulser quelqu’un, il faut savoir avec certitude d’où il vient. Comme nombre de migrants arrêtés semblent provenir du Soudan, la Belgique s’est entendue avec l’ambassade soudanaise afin de faire venir une délégation du ministère de l’Intérieur, chargée d’identifier formellement les personnes internées en centres fermés en tant que Soudanais.

Polémique. Parce que selon De Morgen, la délégation soudanaise serait surtout composée d’agents des services secrets. Parce que le Soudan est une dictature connue pour ses violations répétées des droits humains et que son président, Omar el-Bechir, fait l’objet d’un mandat d’arrêt délivré par la Cour pénale internationale pour génocide et crimes contre l’humanité. L’opposition s’étouffe; la Ligue des droits de l’Homme s’indigne; le Haut-Commissariat aux réfugiés s’inquiète.

En direct de New-York, Theo Francken, lui, assume. La Belgique n’est pas le seul pays à procéder de la sorte: Allemagne, France, Italie, Pays-Bas ou Royaume-Uni ont tous collaboré avec le Soudan. Visiblement, il est loin, le mois d’avril dernier, où le secrétaire d’État se refusait à négocier avec le Soudan, justement parce qu’il s’agissait d’une dictature.

L’affaire rebondira mardi à la Chambre, où Theo Francken et Charles Michel seront entendus en commission de l’Intérieur.

©EPA

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content