"Pas de décision formelle" pour la mission d'identification du Soudan

©BELGA

Charles Michel a été soumis à un feu de questions, à la Chambre, concernant la mission d'identification envoyée par le Soudan. Des officiels soudanais sont venus identifier leurs compatriotes parmi les migrants arrêtés au parc Maximilien à Bruxelles.

La semaien dernière, une vive polémique a agité la Belgique au sujet de la présence en Belgique d'une mission soudanaise d'identification des migrants arrêtés au parc Maximilien à Bruxelles.

Que s'est-il exactement passé?

Le Premier ministre répond aux questions des parlementaires ce mardi. Il n'y a pas eu de décision formelle du conseil des ministres à propos de la mission d'identification envoyée par le Soudan, précise-t-il. En début de séance, l'opposition a réclamé la transmission des arrangements conclus avec le Soudan. Or, il semble qu'il n'y pas de document disponible. "Je ne dispose pas d'un document car il n'y a pas eu de décision formelle du conseil des ministres", a expliqué Chalres Michel.

Une procédure inhabituelle mais pas irrégulière

L'accord entre le secrétaire d’Etat Theo Francken et l’ambassadeur du Soudan aurait ainsi été fait oralement. Une procédure inhabituelle mais pas irrégulière, à en croire le gouvernement fédéral. Pour rapatrier les Soudanais en situation irrégulière, les autorités belges ont besoin de la coopération du pays d'origine. Le secrétaire d'Etat à l'Asile, Theo Francken, a donc pris contact avec l'ambassade du Soudan et a rencontré l'ambassadeur à deux reprises.

Ces contacts s'inscrivent dans le cadre du processus de Khartoum initié par l'Union européenne en 2014 et qui s'est concrétisé par la réunion de La Valette à laquelle participait le ministre soudanais des Affaires étrangères. D'autres Etats européens ont pris des initiatives similaires à la Belgique.

Pourquoi le Soudan?

Une grande partie des migrants interpellés au Parc Maximilien et ailleurs sont d'origine soudanaise et veulent se rendre en Grande Bretagne. Ils ne déposent pas de demande d'asile -à une exception près ce mardi- malgré l'information qui leur est fournie sur le choix qu'ils doivent poser: demande d'asile, retour volontaire ou retour forcé. Certains d'entre eux ne veulent pas collaborer à leur identification.    

"Il est erroné de dire qu'ils n'introduisent pas de demande parce qu'ils ne sont pas informés."
Charles Michel (MR)
Premier ministre

Qui sont ces fonctionnaires soudanais?

Les membres de la mission soudanaise sont des fonctionnaires du ministère soudanais de l'Intérieur, dûment "screenés" par les Affaires étrangères et la Sûreté de l'Etat, a affirmé Charles Michel, contredit par le député Benoît Hellings selon qui trois des cinq délégués sont des membres de la police secrète.

Face à la polémique, le premier ministre a appelé à la sérénité et à ne pas "salir l'image de la Belgique". Une affirmation qui a fait bondir l'opposition. "S'il y en a bien un qui a joué avec le feu, qui provoque sans cesse, c'est Theo Francken. Et c'est nous qui salirions l'image de la Belgique... Allez, il faut rester sérieux", a ainsi lancé Raoul Hedebouw (PTB).

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