Quand les migrants mettent à mal l'espace Schengen

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La Suède et le Danemark ont fermé ce lundi un peu plus leurs frontières aux migrants ce qui menace l'existence de l'accord de Schengen sur la libre circulation au sein de l'Union européenne.

Après avoir joué la carte de la porte ouverte, la Suède se rétracte de plus en plus. Depuis l'automne, le gouvernement a établi des contrôles aléatoires sur deux "autoroutes" de l'immigration, le pont-tunnel de l'Öresund reliant le Danemark à la Suède, et les ferries en provenance des ports danois et allemands de la mer Baltique. 

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 À compter de lundi, ces contrôles sont systématiques sur le célèbre pont. Stockholm impose aux compagnies de trains et d'autocars qui empruntent le pont de l'Öresund de vérifier les identités avant embarquement, côté danois, sous peine d'astreintes de 50.000 couronnes suédoises (5.400 euros) par voyageur.

En cascade

La vague de réfugiés, qui a pris des proportions inattendues entre août et novembre, a instillé des tensions entre la Suède, pays qui a reçu 163.000 demandes d'asile l'an dernier, soit la plus grande proportion par habitant de toute l'UE, et le Danemark, qui n'en a reçu que quelque 18.000.

Copenhague craint que les migrants refoulés par la Suède ne restent sur son territoire, et la réaction ne s'est pas fait attendre. Le Premier ministre Lars Løkke Rasmussen a annoncé un rétablissement des contrôles aux frontières entre Allemagne et Danemark, d'où transitent la plupart des réfugiés cherchant à gagner les pays nordiques.

"Cela peut avoir de grandes conséquences pour le Danemark que d'autres pays nordiques mettent le holà à leurs frontières. Cela peut provoquer plus de demandes d'asile."
Lars Løkke Rasmussen
Premier ministre danois

Les contrôles danois seront aléatoires. Ils sont instaurés pour une période de dix jours, qui pourra être prolongée. "Nous réagissons simplement à une décision prise en Suède. Nous instaurons des contrôles provisoires mais d'une manière équilibrée. Ce n'est pas un moment heureux du tout", a déploré M. Rasmussen.

Schengen menacé

L'Allemagne, qui a accueilli plus d'un million de migrants en 2015, a rappelé par la voix du ministère des Affaires étrangères que "la libre circulation est un bien précieux" au sein de l'Union européenne. L'accord de "Schengen est très important mais est en danger", a déclaré le porte-parole du ministre Frank-Walter Steinmeier.

Les deux pays nordiques ne sont pas les seuls à avoir rétabli à divers degrés les contrôles à leurs frontières. Une dizaine d'États membres sont concernés. Certains (Hongrie, Slovénie) ont même érigé des clôtures anti-migrants.

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