Salvini fermera les aéroports italiens si Berlin renvoie des migrants par "charters"

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Selon le journal italien La Repubblica, le premier avion pourrait arriver en Italie mardi. Les autorités allemandes ont toutefois démenti cette information plus tard dans la journée.

Le ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini a prévenu dimanche qu'il fermerait tous les aéroports italiens si l'Allemagne s'avisait de renvoyer par "charters" des migrants en application des accords de Dublin.

"Si quelqu'un, à Berlin ou à Bruxelles, pense débarquer en Italie des dizaines de migrants avec des vols charters non autorisés, qu'il sache qu'il n'y a pas et il n'y aura pas d'aéroport disponible. Nous fermons les aéroports comme nous avons fermé les ports", a écrit dimanche sur son compte Twitter le ministre, qui est également le chef de la Ligue (extrême droite).

Citant des sources anonymes de l'aéroport de Munich, l'agence de presse allemande DPA a évoqué de possibles vols charters vers l'Italie, dont le premier dès lundi. Les autorités bavaroises n'ont pas confirmé ou démenti ces informations à l'agence.

Samedi, le journal italien La Repubblica avait affirmé que l'Office fédéral allemand en charge de l'immigration était en train d'envoyer de nombreuses lettres à des réfugiés arrivés dans l'UE par l'Italie, en annonçant leur "transfert" imminent dans le cadre des accords de Dublin. Ces derniers obligent les migrants à déposer leur demande d'asile dans le premier pays européen où ils sont enregistrés.

Démenti officiel 

"Aucun vol de transfert n'est prévu vers l'Italie dans les prochains jours", a déclaré un porte-parole du ministère allemand de l'Intérieur dans un courrier électronique.

L'Allemagne et l'Italie travaillent à un accord aux termes duquel des migrants résidant en Allemagne pourraient être renvoyés en Italie, pays où ils ont déposé une demande d'asile. L'accord n'a pas été signé pour le moment.

Le ministre allemand de l'Intérieur Horst Seehofer affirmait en septembre qu'un accord avait été trouvé avec l'Italie et qu'il devait être signé prochainement. Salvini avait démenti le lendemain, exigeant de nouvelles concessions de la part de l'Allemagne.

Le ministre italien avait alors expliqué qu'il avait reçu des assurances de la part de l'Allemagne que pour chaque migrant renvoyé en Italie les autorités allemandes accepteraient un demandeur d'asile en Italie.

Matteo Salvini exigeait deux autres concessions - une révision du traité de Dublin sur la gestion des demandes d'asile dans le pays d'arrivée et la fin de la mission navale européenne Sophia qui porte secours aux migrants en Méditerranée.

Seehofer a appelé la chancelière allemande Angela Merkel et le président du Conseil italien Giuseppe Conte à intervenir pour sortir de l'impasse.

"L'accord a été négocié et suit les mêmes principes que celui avec la Grèce", a dit Seehofer au Welt am Sonntag. "Nous renvoyons des réfugiés en Italie mais nous acceptons un même nombre de personnes sauvées en mer".

"Mais Salvini dit maintenant : je ne signerai que si l'Allemagne soutient la position de l'Italie sur le droit d'asile dans l'Union européenne", poursuit Seehofer. 

Rome demande une réforme du traité de Dublin afin que soit organisée une répartition des nouveaux arrivants dans l'ensemble de l'UE et non plus l'obligation de rester dans le pays où ils sont arrivés en Europe.

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