Un plan fédéral pour lutter contre la transmigration

L’occupation du parc Maximilien, casse-tête politique. ©Kristof Vadino

Un nouveau centre administratif de la police va voir le jour à Steenokkerzeel pour le traitement des dossiers de "transmigrants" interceptés. Il s’agit des migrants dont la destination finale n’est pas la Belgique. La capacité des centres fermés va augmenter. Une collaboration est entamée avec la Ville de Bruxelles pour démanteler les campements du parc Maximilien.

La pression s’accentuait de semaine en semaine en Flandre. Les autorités provinciales, communales et policières confrontées au phénomène des transmigrants appelaient le Fédéral à prendre les choses en mains. C’est notamment le cas aux entrées du port de Zeebruges et sur les aires d’autoroute qui y mènent et où prospère le trafic d’êtres humains. En pleine campagne électorale, le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) et le secrétaire d’État à la Migration Theo Francken (N-VA) ne pouvaient donner plus longtemps le sentiment que rien ne serait fait.

Les deux nationalistes ont donc dévoilé dans la DH et Het Laatste Nieuws un plan de lutte contre le phénomène des transmigrants, les personnes présentes en Belgique sans droit de séjour dans l’optique de rejoindre les Royaume-Uni. Parmi les mesures annoncées, l’ouverture d’un pôle administratif installé au centre fermé de Steenokkerzeel (127 bis). C’est là qu’à terme, la police fédérale traitera les dossiers des migrants interceptés dans le cadre d’opérations spéciales qui doivent rapidement démarrer, notamment en Flandre-Occidentale. Dans un deuxième temps, l’ensemble des transmigrants interceptés en Belgique y transiteront avant traitement de leur dossier par l’Office des étrangers, un éventuel séjour en centre fermé et un retour vers les pays d’origine, selon la com’ des deux membres N-VA du gouvernement.

L’ouverture de ce centre administratif devrait être effective à la fin de celle semaine, précise le cabinet de Jan Jambon. Parallèlement, une première augmentation de la capacité des centres fermés belges (de 70 à 160 places) est annoncée afin d’y placer des transmigrants en séjour illégal. Theo Francken demandera par la suite des crédits supplémentaires à son gouvernement pour augmenter encore les capacités d’enfermement de l’État.

Viser les expulsables

Selon le Fédéral, cette politique devrait conduire au démantèlement du rassemblement quotidien de migrants dans le parc Maximilien à Bruxelles, qualifié de "hub migratoire" par le ministre Jambon. Une première réunion qualifiée de constructive s’est déroulée ce lundi entre l’Intérieur et le cabinet du bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close (PS). C’est la police locale qui serait chargée des contrôles dans le parc visant des petits groupes de migrants expulsables. Pour les transmigrants non-expulsables (car provenant de pays non sûrs), le Fédéral tablerait sur des mesures d’enfermement temporaires. Selon certaines sources, le gouvernement espère également la fermeture de la Porte d’Ulysse, centre d’accueil des sans-abri financé par la Région bruxelloise, où sont logés de nombreux migrants qui arrivent à proximité de la gare du Nord. La Ville de Bruxelles s’y oppose.

"Les migrants qui se trouvent quotidiennement au parc Maximilien ne sont pas un problème."
Mehdi Kassou
Porte-parole de la plateforme citoyenne

Alain Courtois, premier échevin MR à la Ville s’est réjoui de l’initiative fédérale, qu’il appelait de ses vœux depuis plusieurs semaines, a-t-il fait savoir. Dans le même temps, la plateforme citoyenne qui encadre l’afflux de migrants dans le parc et leur accueil par la Porte d’Ulysse s’est indignée. "Nous nous demandons comment le gouvernement compte s’y prendre pour évacuer un lieu de passage comme le parc Maximilien, lançait Mehdi Kassou, porte-parole. Les quelque 150 migrants qui s’y trouvent quotidiennement ne sont pas un problème mais c’est la rentrée et on agite cet épouvantail pour faire oublier ‘Schild & Vrienden’, l’enseignement, le racisme, la question des pensions, qui constituent eux, de vrais problèmes."

Côté fédéral, on insiste sur la globalité du plan qui comprend également des opérations de communication visant à faire comprendre que débarquer en Belgique ne facilitait nullement l’accès au territoire britannique. Une collaboration avec le gouvernement de Theresa May fait également partie de l’arsenal de mesures communiqué ce lundi.

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