Une forte répression à Zeebruges emplit le parc Maximilien

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Le parc Maximilien et ses abords, dans le quartier nord de Bruxelles, est redevenu le refuge de quelques centaines de migrants. Mais contrairement à la situation d’afflux de 2015, qui avait vu le parc se transformer en camp de fortune pour plus d’un millier de personnes, cette présence n’est pas liée à une saturation de l’Office des étrangers, voisin.

Médecins du Monde (MDM), qui assure une permanence médicale à la gare du Nord et effectue des rondes dans le quartier du parc Maximilien, a constaté une recrudescence des mouvements après la fin du Plan Hiver.  

"Mais nous voyons également un lien avec une répression très forte contre les migrants en transit qui tentent de rejoindre le Royaume-Uni depuis Calais, Zeebruges et Ostende", explique Jonathan Hardenne, responsable de la communication de l’organisation de solidarité internationale. "Bruxelles est donc devenu une zone de repli", ajoute-t-il.

"Bruxelles est devenu une zone de repli."
Jonathan Hardenne
Médecins du Monde

Confiscations et arrestations

Selon MDM, qui est également présente à Zeebruges et Ostende, les forces de l’ordre y procèdent régulièrement à des confiscations des biens des migrants. Fin mai, la Ville de Bruges, dirigée par le socialiste Renaat Landuyt (sp.a), rapportait avoir multiplié par quatre le nombre d’arrestations de "migrants de transit" aux alentours du port au cours de l’année 2016. Le secrétaire d’État aux Migrations, le séparatiste Theo Francken (N-VA), avait alors souligné que ces résultats s’expliquaient par "les actions de la police, les contrôles et la répression". Dans 3% des cas, les personnes arrêtées étaient placées en détention dans un centre de retour, avaient rapporté plusieurs journaux flamands.

Du transit, moins de demandes d’asile

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Aux alentours du parc Maximilien, constate Médecins du Monde, les migrants sont majoritairement soudanais, érythréens, iraquiens et égyptiens. "Pour ce que l’on sait de leur situation, beaucoup d’entre eux pourraient obtenir le statut de réfugié en Belgique, mais ne font pas de démarches en ce sens, par manque d’information et en raison du climat de répression qui règne", poursuit Jonathan Hardenne.

Si les mouvements sont plus importants en ce début d’été qu’ils ne l’étaient l’an dernier, "la situation n’est comparable ni dans sa nature ni dans son ampleur" avec celle de l’été et de l’automne 2015, souligne de son côté Caroline Intrand, directrice de la plate-forme de coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers (Ciré).

7.597
Selon les derniers chiffres du Commissariat général aux réfugiés, dont "L’Echo" a pu prendre connaissance, 1.614 demandes d’asile ont été déposées en juin, principalement de Syrie, Afghanistan, Iraq et Érythrée. Cela porte à 7.597 le nombre de demandes d’asile cette année. En 2015, à la même période, 11.729 personnes avaient déposé une demande d’asile en Belgique.

Après le pic de 2015, la Belgique a enregistré une baisse des demandes d’asile beaucoup plus importante que la moyenne européenne, en raison selon Caroline Intrand d’une "politique de dissuasion assez intense" menée par l’État belge. La directrice du Ciré dénonce notamment "le grignotage en règle" des droits des personnes étrangères.

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Par contre, il n’y a en Belgique pas de demandeurs d’asile à la rue: contrairement à ce que l’on voit en France, notamment, les migrants qui introduisent une demande sont orientés vers un centre d’accueil ouvert, souligne-t-elle, et le taux d’acceptation des demandes est relativement élevé. Jeudi dernier, le gouvernement a présenté un texte législatif de 400 pages transposant quatre directives qui vont profondément refonder le droit d’asile en Belgique.

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