105 millions à Bruxelles, 150 à Anvers, c'est la facture des embouteillages

Le ring de Bruxelles. ©Photo News

La congestion automobile a un coût exorbitant tant à Anvers qu’à Bruxelles. Le ministre de l’Économie Kris Peeters (CD&V) craint pour l’attractivité économique de ces deux villes.

Si vous en doutiez encore, vous n’en douterez plus désormais: la mobilité va être l’un des thèmes les plus sensibles des deux campagnes électorales à venir. Le ministre fédéral en charge de l’Économie Kris Peeters (CD&V) veut d’ailleurs y voir clair sur l’impact négatif qu’a cette mobilité cauchemardesque en Belgique – singulièrement dans les deux villes considérées comme les poumons économiques du pays Bruxelles et Anvers. Ainsi, des experts de son cabinet ont-ils affiné des calculs et des chiffres récents (2016) établis et fournis par différentes organisations patronales comme Agoria ou Beci.

À Bruxelles, où les récents déboires du viaduc Herrmann-Debroux ont encore fait monter la pression sur les épaules des responsables politiques, la facture est salée.

11,72€
La valeur du temps perdu est estimée à 11,72 euros/heure par les différentes organisations patronales.

Les coûts de l’engorgement sont calculés comme ceci: le temps perdu multiplié par sa valeur. Sortez les calculatrices. La valeur du temps perdu est estimée à 11,72 euros/heure par les différentes organisations patronales. Or, en moyenne, le temps perdu est estimé à 80 heures par automobiliste chaque année. On estime que 400.000 véhicules circulent chaque jour en moyenne à Bruxelles: le temps perdu est donc évalué à 32.000.000 heures. Les experts estiment par ailleurs que 28% du total de ces heures sont liées aux problèmes de mobilité de Bruxelles: 8.960.000 heures. Le coût de l’immobilité est donc de 105.011.200 euros, selon les derniers calculs. Cette estimation vaut pour l’année 2016, précise-t-on encore au cabinet du vice-Premier ministre Kris Peeters.

+20%
A Bruxelles, les employés ont vu la durée moyenne de leurs déplacements quotidiens augmenter de 20% ces trois dernières années.

Où on ajoute que les employés ont vu la durée moyenne de leurs déplacements quotidiens augmenter de 20% ces trois dernières années. Les employés mettent en cause la mobilité lorsqu’ils sont interrogés sur leur travail en Région bruxelloise: les files et l’insatisfaction des transports en commun sont mis en avant. Les organisations patronales pointent le fait que les entreprises ont des difficultés à recruter sur Bruxelles. Et, au final, c’est l’attractivité économique de la capitale qui est bel et bien menacée, explique-t-on au gouvernement fédéral.

Pire encore

À Anvers, la situation est encore pire qu’à Bruxelles. Les coûts de l’immobilité dépassent même les 150 millions d’euros par an, selon les estimations les plus récentes. Et cette perte en temps augmente dangereusement: +11% par rapport à 2015. Anvers souffre de la congestion automobile: la ville devient donc moins attrayante pour travailler et il y fait moins bon vivre. Rappel, les embouteillages et blocages sont également nuisibles au Port d’Anvers, un des poumons économiques de la Flandre et de la Belgique. Avec un tonnage de 215 millions de tonnes, c’est le deuxième port le plus important d’Europe: 143.000 emplois en dépendent directement et indirectement.

143.000
143.000 emplois dépendent directement de l’activité du port d’Anvers, fragilisé par la congestion dans la 2e ville du pays.

Du côté du gouvernement fédéral, on insiste sur le fait que les solutions pour l’amélioration de cette mobilité urbaine et périurbaine catastrophique sont multiples et doivent être mises en avant à tous les échelons de pouvoir. Au niveau fiscal, le cabinet Peeters rappelle qu’un avant-projet de loi a été approuvé pour diminuer l’impact des voitures de société. Davantage d’efforts doivent être fournis au niveau des transports en commun, de la promotion du vélo et du télétravail, entre autres.

Un modèle à bout de souffle

De son côté, Olivier Willocx, patron de Beci (entreprises bruxelloises), insiste sur le fait que le modèle actuel est à bout de souffle. "Il n’y a pas plus de voitures qui entrent en ville qu’il y a quelques années mais la situation de la mobilité s’est compliquée et donc le sentiment de ras-le-bol est généralisé. On doit revoir de fond en comble le modèle des voitures de société, promouvoir les modes alternatifs dont le vélo. Nous sommes par exemple convaincus que la technologie va beaucoup aider à débloquer la situation. Ainsi n’y a-t-il désormais plus chez les jeunes générations de besoin de possession d’une automobile à tout prix. La mobilité partagée est aussi un moyen d’avancer vers une solution", conclut Olivier Willocx.

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