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Brussels Airport veut augmenter ses vols conformément à la loi

©Photo News

L’arrêté royal de 2004 octroyant la licence d’exploitation à Brussels Airport Company lui garantit une capacité de 80 mouvements par heure. Belgocontrol doit lui octroyer une capacité minimale de 74 vols/h, soit près de 460.000 vols par an. L’aéroport a accueilli 239.349 vols en 2015.

Le nouveau ministre de la Mobilité, François Bellot (MR) a-t-il parlé trop vite en affirmant sa volonté de limiter les mouvements d’avions à Brussels Airport? En tout cas, actuellement, Brussels Airport Company (BAC), la société gestionnaire de l’aéroport national, a la loi de son côté et compte bien augmenter ses activités sur le tarmac bruxellois. "Nous avons l’obligation légale de garantir une capacité minimale de 74 mouvements aériens coordonnés par heure. Il n’existe pas de limitation légale au nombre de mouvements aériens à l’aéroport, en-dehors de la limitation à 16.000 slots de nuit par an", nous a confié Anke Fransen, porte-parole de Brussels Airport.

Augmenter les vols de 3%

"Pour pouvoir assurer la croissance économique du pays ainsi que sa connectivité, il est nécessaire que Brussels Airport puisse croître au même rythme que la croissance attendue en Europe."
Anke Fransen
Porte-parole de Brussels Airport

"Pour pouvoir assurer la croissance économique du pays ainsi que sa connectivité, il est nécessaire que Brussels Airport puisse croître au même rythme que la croissance attendue en Europe, à savoir une augmentation en volume de 2 à 3% par an. L’aéroport veut réaliser cette croissance en respectant le principe de l’approche équilibrée, c’est-à-dire en prenant en compte tant le développement économique de l’aéroport et des compagnies aériennes que l’impact sur l’environnement", poursuit-elle.

En effet, l’arrêté royal du 21 juin 2004 octroyant la licence d’exploitation à l’ex-Biac lui permet de "porter la capacité déclarée des pistes à l’aéroport de Bruxelles-National à 80 mouvements coordonnés/heure, et ce pendant chaque heure de la journée au cours de laquelle la demande de capacité est présentée avec maintien du niveau de sécurité actuel". Le contrat de gestion de Belgocontrol stipule que celui-ci doit garantir à Brussels Airport une capacité minimale des pistes de 74 mouvements par heure.

459.170 vols
La législation garantit à Brussels Airport un total de 459.170 vols en journée par an. L’aéroport a accuilli 239.349 vols en 2015. Il y a donc de la marge.

L’ex-Biac a fait ses comptes et est conscient de la marge de progression des activités. "Si on fait le calcul, on obtient 74 vols/h (minimal) x 17 heures dans une journée (6 à 23h) pour un total de 1.258 vols par jour. Puis 1.258 x 365 jours qui donne 459.170 vols par an. Ce n’est pas notre demande, il est noté dans l’arrêté royal qui décrit la licence d’exploitation de Brussels Airport que nous devons garantir ce nombre de vols. On ne compte pas les vols de nuit", souligne-t-on chez BAC.

Le ministre Bellot à l’écoute

Brussels Airport est encore très loin du seuil minimal de mouvements qui lui est garanti. En 2015, la plateforme a accueilli un total de 239.349 vols, en progression de 3,4% par rapport à 2014 (231.528 vols). Elle peut donc pratiquement doubler ses mouvements conformément à la loi. Ses dirigeants rappellent que la société gestionnaire du site "est toujours disposée à entamer le dialogue avec toutes les parties prenantes impliquées, afin d’aboutir à une régulation cohérente et stable ayant pour objectif un développement durable de l’aéroport".

©Mediafin

Sur la question des nuisances sonores générées par l’activité de Brussels Airport, le ministre de tutelle François Bellot (MR) a rencontré hier les associations représentatives des riverains (bruxellois, du Noordrand, de l’Oostrand et des deux Brabant). "L’objectif était de nouer le dialogue, de les entendre et de leur présenter la méthode en vue d’aboutir à une solution équitable et structurelle pour tous", a précisé le cabinet Bellot.

Les associations ont exposé leurs revendications respectives. Les experts du cabinet ont présenté ensuite les 7 composantes de la problématique: technique, opérationnelle, environnementale, économique, juridique, politique et institutionnelle. "L’interaction entre chacune d’elles impose de mener un travail coordonné, doublé d’une réelle dynamique de coopération entre les acteurs", dit François Bellot. Il se rendra ce matin à la conférence des bourgmestres bruxellois et s’entretiendra aussi avec les maïeurs des deux Brabant concernés. Une réunion est prévue d’ici quelques jours avec les ministres régionaux de l’Environnement.

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