L'usage de la voiture ne diminue plus dans les entreprises bruxelloises

©Belga

L’administration bruxelloise a reçu 469 dossiers sur les plans de déplacement en entreprise. Cette politique régionale concerne 40% de l’emploi localisé dans la capitale. Entre 2004 et 2017, l’usage de la voiture a perdu plus de 10%.

Allons, même s’il y a encore beaucoup de pain sur la planche, le tableau de la mobilité bruxelloise n’est pas si noir. En 13 ans, l’usage de la voiture aura fortement diminué parmi les modes de déplacement liés au travail dans la capitale. De près de 10%. Une tendance baissière qui se confirme mais qui semble aujourd’hui avoir atteint une certaine limite. Des statistiques officielles récentes le démontrent. La Région bruxelloise est occupée à collationner et à analyser les informations "mobilité" transmises pour 2017 par les entreprises d’une certaine taille actives sur le territoire régional.

Petit rappel de contexte : la législation bruxelloise leur impose ce travail tous les trois ans, ainsi que l’élaboration d’un plan de déplacement pour tout site de plus de 100 travailleurs. Cela concerne 550 implantations et près de 287.000 personnes, soit 40% de l’emploi à Bruxelles, selon les chiffres livrés à L’Echo par la ministre bruxelloise de l’Environnement, Céline Fremault (cdH). A l’orée d’une nouvelle "semaine de la mobilité", et à la veille du dimanche sans voiture, elle est en mesure de tirer quelques conclusions sur la base des 469 dossiers déjà rentrés à l’administration par les entreprises. Le total des déclarations sera analysé par l’administration de Bruxelles Environnement d’ici la fin de l’année, précise-t-elle.

"Dans certaines entreprises à Bruxelles, 80% des travailleurs font le trajet domicile-travail à vélo ou en transport en commun."
Céline Fremault
Ministre bruxelloise de l’Environnement

On le constate (lire notre graphique), en 2017, le chassé-croisé entre train et voiture tourne au (très) léger avantage des chemins de fer, qui passent devant avec 35,9% des déplacements. Depuis 2014, la diminution de la part voiture des déplacements n’a été que de 0,8%. En 2011, la voiture était encore près de 3% au-dessus du score enregistré par le train. Depuis 2005 et les premières statistiques bruxelloises en la matière, l’évolution est beaucoup plus importante puisque, dans cet intervalle, l’automobile a perdu plus de 10% de parts de marché dans les déplacements domicile-travail. Partant de très loin, l’usage du vélo, quant à lui, poursuit sa progression lente mais constante. L’apparition de nouveaux modèles électriques à des prix abordables devrait accélérer cette évolution dans les années à venir.

©Mediafin

"La part des déplacements effectués en transport en commun atteint dorénavant 55% et semble arriver à un palier", commente Céline Fremault. De fait, depuis 2011, la proportion de déplacements en voiture ne diminue quasi pas, elle augmente même très légèrement depuis 2014. "Ce palier ne pourra être dépassé qu’avec le développement du réseau ferré, RER et suburbain, estime la ministre Fremault. Le nombre de cyclistes augmente de 50%. C’est la plus grosse évolution observée. Ils représentent dorénavant près de 5% des déplacements". La fiscalité, toujours avantageuse pour la voiture, est également en ligne de mire. La zone de basse émission qui couvre désormais l’ensemble du territoire bruxellois et l’interdiction progressive de plus en plus de véhicules en fonction de leur impact sur la qualité de l’air pourraient donner lieu à une nouvelle diminution de l’usage de la voiture par rapport à d’autre modes de transport.

Nouvelles obligations

Selon la Région bruxelloise, les plans de déplacement imposés ont largement fait leurs preuves et démontrent que les entreprises "qui sont demandeuses d’une meilleure fluidité du trafic peuvent faire bouger les choses lorsqu’elles sont soutenues par les pouvoirs publics", ajoute Céline Fremault. "Dans certaines entreprises à Bruxelles, 80% des travailleurs font le trajet domicile-travail à vélo ou en transport en commun". Le panel d’actions menées par les entreprises en la matière est très varié. Parmi les exemples à suivre, on trouve Cofinimmo et P&V Group pour leur politique interne de promotion de la mobilité douce, la Croix-Rouge de Belgique pour la participation du personnel à des formations pour circuler à vélo dans la ville, Actiris pour sa promotion de l’usage du vélo et des transports publics ou encore la Banque nationale pour la promotion du vélo électrique.

La ministre régionale de l’Environnement rappelle au passage que des nouvelles obligations sont entrées en application cette année pour les entreprises de plus de 100 travailleurs: le fléchage des parkings vélo, proposer un vélo ou un abonnement aux transports en commun aux titulaires d’une voiture de société ou encore l’élaboration de plans d’urgence en cas de pic de pollution. L’omniprésence automobile n’a pas fini d’être remise en cause.

La fin du diesel,top départ

L’annonce du gouvernement bruxellois avait fait grand bruit au printemps dernier. Il lançait une vaste réflexion en vue d’interdire définitivement le diesel dans la capitale à partir de 2030. À un horizon un peu plus lointain, les véhicules à essence sont également concernés avec pour objectif une amélioration sensible de la qualité de l’air à Bruxelles. Cette réflexion est en train de se concrétiser. Un comité de suivi où sont représentées les administrations bruxelloises (environnement, fiscalité, mobilité, etc.) a été constitué. "Il s’est réuni mi-juillet 2018 afin de s’accorder sur les études et avis nécessaires dans le cadre de la sortie du diesel et de l’essence. Il a également arrêté les différentes modalités relatives à l’obtention desdits études et avis, lesquels devront être remis au gouvernement début avril 2019", annonce-t-on côté régional.Et mercredi prochain, un colloque présentera la méthode qui sera adoptée et s’adressera à tous les acteurs concernés par les domaines de la mobilité, du transport ou de l’énergie, qu’ils soient publics ou privés. Une consultation écrite sera proposée à tous ces "stakeholders" dans la foulée afin d’évaluer pour chacun les impacts d’une sortie du diesel et de l’essence. Ils devront répondre avant le 31 octobre.Un rapport intermédiaire rédigé sur la base de cette enquête est attendu pour le mois de décembre avant l’organisation d’une série de tables rondes prévues au début de l’an prochain. Ces échanges alimenteront le rapport final de cette première phase d’étude. Il sera transmis au gouvernement bruxellois au mois d’avril prochain, prévoit la ministre de l’Environnement Céline Fremault (cdH). Toutes ces études et avis seront alors sur la table pour permettre à l’exécutif qui sortira des élections de mai 2019 d’attaquer la mise en œuvre de cet engagement.

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