La taxe kilométrique a du plomb dans l'aile

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La publication d’une étude de faisabilité en Flandre d’une taxation au kilomètre est reportée. Aux Pays-Bas, la question crispe les négociations gouvernementales.

Ce n’est pas encore un enterrement de première classe mais l’idée d’une taxation au kilomètre a à tout le moins du plomb dans l’aile. En Flandre, la publication d’une étude de faisabilité très attendue et commandée par le ministre de la Mobilité Ben Weyts (N-VA) a été reportée à septembre prochain, alors qu’elle était initialement annoncée pour le mois d’avril. Aux Pays-Bas, la taxation au kilomètre d’ici 2024 crispe les négociations pour la formation d’un troisième gouvernement Rutte.

Il faut dire que l’idée est très mal reçue par une grande partie de l’électorat qui redoute qu’elle ne débouche sur une hausse généralisée de la taxation automobile. Les personnes qui habitent en milieu rural se sentent particulièrement visées. Plusieurs formations populistes ont placé – non sans succès – la thématique au cœur de leur dernière campagne électorale.

Un pays, deux systèmes

À cela s’ajoute que la Wallonie a décidé d’emprunter une voie radicalement différente, avec une vignette routière. Deux systèmes sur un territoire aussi exigu que la Belgique, ce n’est pas très réaliste.

18 milliards €
L’État récolte 18 milliards d’euros par an d’impôts sur la circulation, dont 35% sont réinvestis dans les infrastructures de mobilité.

Pour Danny Smagghe, porte-parole de l’association d’automobilistes Touring, il serait "hautement déplorable" d’avoir deux systèmes qui coexistent dans notre pays. "Il faudrait au contraire développer une approche européenne", plaide-t-il.

Chez Touring, on est conscient de l’impopularité d’une taxation au kilomètre. "Il faut veiller à ne pas alourdir la fiscalité automobile. Une taxation au kilomètre devrait être couplée à une suppression des taxes de mise en circulation et de circulation. Les accises devraient également être intégrées dans le débat", plaide Danny Smagghe. On pourrait par ce biais orienter la mobilité, en récompensant par exemple les personnes qui circulent en dehors des heures de pointe.

Actuellement, l’État récolte chaque année 18 milliards d’euros d’impôts sur la circulation dont environ 35% sont réinvestis dans les infrastructures de mobilité.

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