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La voiture partagée n'est pas aussi verte qu'on le croit

©Photo News

Pour que le système des voitures partagées soit intéressant sur le plan environnemental, il doit éliminer les voitures personnelles et de société. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Selon une étude de la KULeuven, il s'applique plutôt au détriment des transports en commun et des vélos.

Pourquoi utiliser une voiture partagée? Un des arguments du secteur repose sur l'intérêt pour l'environnement. Pour les utilisateurs, il est plutôt question du prix et de la facilité d'usage (pas d'entretien ni d'assurance, disponibilité...).

Mais une étude de la KULeuven tord le cou à l'argument environnemental. Elle montre que le rapport entre l'utilisation des voitures partagées et l'impact environnemental limité n'est pas si évident. Selon l'institut Steunpunt Circulaire Economie de l'université louvaniste, qui a sondé 2.000 personnes et porte sur la Flandre, le lien entre les deux n'existe que dans certaines circonstances. À l'heure où les villes tentent de dessiner une politique de mobilité cohérente avec les enjeux climatiques, cet éclairage est important.

Pour aller plus vite

Que dit l'étude? Que tout dépend de l'usage réel qui est fait de ces voitures partagées. Le danger, c'est qu'elles ne deviennent un mode supplémentaire de mobilité, alors que l'objectif présenté est qu'elles remplacent la voiture personnelle. Le système n'apporterait d'avantages environnementaux que lorsqu'il élimine réellement la possession d'une voiture. Or, ce n'est pas le cas actuellement, pointe l'étude.

Ainsi, sept sondés sur dix prennent une voiture partagée pour aller plus vite qu'en transports en commun... C'est ici que le modèle montre son effet néfaste sur l'environnement. Pour éviter cela, l'étude de la KULeuven suggère que les transports publics, vélos, etc. soient soutenus par des politiques avantageuses, même au détriment des autos partagées.

Un second effet anti-environnement apparaît lorsque l'on apprend que nombreux sont ceux qui choisissent le système de partage pour son prix d'utilisation avantageux (pas d'achat du véhicule ni d'assurance et entretien à assumer). Mais ceux qui n'optent pas pour ce système, ce n'est pas à cause de son prix... Le prix n'est donc actuellement pas un problème. Le réduire risquerait au final de détourner les usagers actuels des transports en commun et des vélos. Les auteurs de l'étude conseillent donc d'éviter les subventions à l'avantage des voitures partagées tant pour les entreprises que pour les utilisateurs.

Comment améliorer le système à bon escient?

La question du parking est importante. La difficulté de trouver une place libre pour une auto partagée freine les utilisateurs potentiels. Mais faut-il pour autant dédier, par exemple, des places à ces véhicules? L'étude pointe que faire cela sans compliquer le parking des autres voitures (avec un tarif supérieur, par exemple) n'est pas intéressant.

Alors, quelle est la solution? La conclusion de l'institut Steunpunt Circulaire Economie, c'est: de meilleurs transports en commun, moins de voitures privées et surtout moins de voitures de sociétés pour rendre plus vert le système des autos partagées. 

Consultez l'étude "Car-sharing in Flanders" 

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