La SNCB veut réduire l'emploi de 2.293 postes d'ici 2018

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La SNCB, Infrabel et HR Rail garantissent un effectif de 31.765 agents dans le nouveau protocole d’accord social 2016-2018. Il y a une réduction nette de 2.293 postes par rapport au 1er janvier 2016. C’est l’échec sur les discussions liées au service minimum.

Le climat est à l’apaisement entre direction et syndicats du groupe SNCB (l’opérateur SNCB, le gestionnaire d’infrastructure Infrabel et HR Rail, la structure de gestion des ressources humaines), mais l’état de grâce pourrait ne pas durer. Selon nos informations, la direction a transmis début février aux représentants des travailleurs un nouveau texte de protocole d’accord social portant sur la période 2016-2018. Par rapport au document de septembre 2015, le banc patronal a accédé à une demande des syndicats, qui voudraient que la direction s’engage sur un chiffre concernant les effectifs. Mais sous réserve…

31.765
La direction de la SNCB garantit, d’ici 2018, un effectif total de 31.765 collaborateurs (soit une réduction de 2.293 postes).

Selon des documents que nous avons pu consulter, la direction garantit, d’ici 2018, un effectif total de 31.765 collaborateurs (soit 30.494 équivalents temps plein/ETP), dont 19.128 agents pour l’opérateur SNCB (la SNCB), 11.009 agents pour Infrabel et 728 personnes pour HR Rail. Il y aurait aussi environ 900 personnes détachées (Logistics, SPF, syndicats, etc.).

Par rapport au 1er janvier 2016, ce chiffre correspond à une diminution des effectifs de 2.293 postes.

En effet, en début de cette année, le groupe compte 34.058 travailleurs (32.697 ETP) dont 20.336 collaborateurs à la SNCB (19.366 ETP) et 11.723 agents chez le gestionnaire d’infrastructure ferroviaire (11.303 ETP). Le reste se répartit entre HR Rail et le contingent des détachés.

Conditions

A la lecture des documents, on découvre que l’engagement de la direction sur les effectifs n’est pas aussi formel et qu’il est conditionné à plusieurs facteurs, dont certains déjà menacés. Ce qui fait dire aux organisations syndicales reconnues que la direction ne pourra pas respecter son engagement. En effet, Infrabel précise qu’il ne pourra garantir le chiffre de 11.009 collaborateurs "qu’en supposant qu’il ne soit effectué aucune adaptation aux hypothèses reprises dans le plan d’entreprise actuel, notamment le niveau de la dotation, la croissance économique belge et les taux d’intérêt, la formule d’application pour le calcul de la redevance d’infrastructure et l’évolution des mesures de productivité dans le plan d’entreprise".

En clair, Infrabel n’envisage pas une réduction de la redevance d’infrastructure, l’entreprise n’a aucune maîtrise sur la croissance économique belge, ni sur les taux d’intérêt.

De plus, l’accord du gouvernement fédéral stipule que "la redevance d’infrastructure sera diminuée et structurée différemment". La SNCB demande qu’elle soit gelée au niveau de 2014 (637,2 millions d’euros).

L’opérateur annonce aussi la couleur en ce qui concerne les effectifs et prévient implicitement qu’il lui sera difficile de garantir fermement le chiffre annoncé.

"La SNCB ne peut garantir le chiffre de 19.128 emplois qu’à la condition que les autres hypothèses utilisées par la SNCB, entre autres en ce qui concerne les tarifs (tarifs différenciés, NDLR), l’augmentation de la productivité, la simplification administrative et la stabilisation de la redevance infrastructure, soient intégralement réalisées".

Fin de non-recevoir

Or, la ministre Galant a déjà opposé une fin de non-recevoir aux tarifs différenciés (la SNCB a précisé ses intentions et rappelle qu’elle les demande non pas pour les abonnements, mais pour les autres tickets).

En attendant, la direction indique que "l’effort de recrutement global sera soutenu par un programme de formation ambitieux, lié à une académie du rail, coordonnée par HR Rail, comme proposé dans la vision stratégique de la ministre de la Mobilité (Jacqueline Galant, NDLR)". Elle est disposée à examiner une valorisation des diplômes de conseiller en prévention et bio-ingénieur.

Dans la déclaration d’intention du texte proposé, les syndicats "dénoncent que certaines initiatives émanant du Parlement ou du gouvernement souhaitent imposer à la structure ferroviaire de nouvelles mesures qui mettent en péril la viabilité des entreprises des chemins de fer belges".

Ils demandent à la ministre Galant de confirmer la pérennité de HR Rail.

La patate chaude du service minimum

Constat d’échec sur le service minimum. Le dossier est renvoyé au cabinet Galant.

Selon nos informations, la patate chaude du service minimum sur le rail est désormais renvoyée à la ministre Galant. Le comité de pilotage qui réunit syndicats et patrons du groupe SNCB a constaté l’échec des négociations à l’issue de l’échéance que leur a accordée la ministre Galant (fin 2015). Le président dudit comité, Luc Lallemand, a conclu à l’impossibilité de trouver un accord. "Le dossier ne vient plus à l’ordre du jour des organes paritaires. Pour nous, il est clos. Il n’est plus chez nous", nous ont confié plusieurs sources proches du dossier.

Le cabinet confirme avoir été informé de l’échec des négociations sur le service minimum et ne fait pas de commentaire sur la suite du dossier.

Le premier round des négociations sur les différents dossiers (amélioration de la productivité, allongement de la durée de travail, etc.) doit se terminer le 12 février avec une réunion de la sous-commission paritaire. La Commission paritaire nationale se réunira le 24, date de la fin des négociations.

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