Publicité

Y a-t-il plus d'embouteillages sur nos routes qu'avant la crise?

En septembre 2021, les files étaient plus longues mais moins chronophages que deux ans plus tôt, d'après les données de Flitsmeister. ©Photo News

Les différents indicateurs sont sans appel: les embouteillages font à nouveau bien partie du paysage, mais l'ampleur du phénomène reste difficile à jauger avec précision.

Pendant le mois de septembre 2021, on comptait en moyenne 1.512 minutes – soit 25 heures – de temps de parcours additionnel cumulé dans les files en Belgique lors du pic de congestion quotidien. C'est ce qui ressort des chiffres de Flitsmeister, branche de l'entreprise de monitoring du trafic Be-Mobile, que L'Echo a pu consulter. Une augmentation de 29% par rapport aux chiffres de septembre 2020 qui semble confirmer ce que beaucoup ont pu constater: les embouteillages sont de retour sur les routes du pays.

11%
plus longs
Les embouteillages ne sont pas plus importants en termes de temps additionnel cumulé, mais en kilomètres, ils sont en moyenne 11% plus longs qu'en septembre 2019.

Un retour qu'il faut cependant nuancer. En comparant les données avec celles de 2019, avant la crise sanitaire, on observe une baisse de 19% du nombre de minutes additionnelles cumulées en moyenne quotidienne sur le mois de septembre. Les embouteillages ne semblent donc pas faire perdre davantage de temps aux navetteurs qu'avant la pandémie.

Des files plus étendues

Les chiffres mis à notre disposition par la filiale de Proximus, qui agrège des données d'applications de navigation (Flitsmeister, Coyote), de flottes de véhicules et de compteurs sur le terrain, représentent les files et le temps additionnel pour la minute la plus embouteillée de chaque journée par rapport à une situation fluide. Des données qui n'ont donc pas vocation à comparer les périodes de pointe en tant que telles, mais qui permettent d'évaluer l'évolution des pics de trafic dans le temps.

Les embouteillages ne sont donc pas plus importants en termes de temps additionnel cumulé, mais en kilomètres, ils sont en moyenne 11% plus longs qu'en septembre 2019. Un chiffre qui passe même à 78% si on le compare à la rentrée 2020.

Des files plus longues mais moins de temps additionnel, un constat plutôt contre-intuitif qui ne surprend pas Jorn de Vries, directeur de Flitsmeister. "Un bouchon de 5 km où les gens sont à l'arrêt va faire perdre plus de temps qu'un bouchon de 10 km où on roule à 30 km/h. Il semblerait qu'on ait donc des bouchons plus étendus, mais qui n'ont pas nécessairement d'impact très important sur les temps de parcours", détaille-t-il.

"Un bouchon de 5 km où les gens sont à l'arrêt va faire perdre plus de temps qu'un bouchon de 10 km où on roule à 30 km/h."
Jorn de Vries
Directeur de Flitsmeister

Les données en ligne du fournisseur de cartes et de GPS TomTom, qui se concentrent, elles, sur Bruxelles, montrent un tournant lors de la rentrée scolaire. Alors que les embouteillages dans la capitale sont restés sous leur niveau de 2019 pendant les huit premiers mois de 2021, la tendance s'est inversée depuis septembre. On observe de 2 à 7% de "congestion" en plus qu'en comparaison d'une semaine standard de 2019. Une statistique qui monte jusqu'à 17% pour la première semaine d'octobre.

Plus de voiture pour les loisirs?

"Les données de TomTom sont intéressantes car elles montrent une augmentation des embouteillages le vendredi et le weekend, ce qui suggère une progression de l'utilisation de la voiture pour les achats et les loisirs plutôt que pour les déplacements domicile-travail", pointe Georges Fuchs, consultant pour le bureau d'études en mobilité Stratec.

Le constat de TomTom est cependant aussi à nuancer, lorsqu'on se penche sur les volumes de trafic. "Le nombre de voitures comptabilisées dans les tunnels bruxellois est supérieur à septembre 2020 mais toujours 6% plus bas qu'en septembre 2019", explique la porte-parole de Bruxelles-Mobilité, Camille Thiry.

Dans un récent communiqué de presse, le centre flamand de gestion du trafic pointait lui aussi une baisse du nombre de voitures sur les routes en septembre (-5,5%), mais des niveaux de congestion égaux, voire supérieurs à ceux de 2019 pour les deux premières semaines de septembre.

"Pour l'instant, il est impossible de savoir avec certitude comment [les] comportements de mobilité ont évolué."
Georges Fuchs
Consultant pour le bureau d'études en mobilité Stratec

"Pour le moment, c'est compliqué d'avoir une vision transversale en se basant sur des données parcellaires, par mode", pose Georges Fuchs. "La seule façon d'objectiver les impacts du covid sur la mobilité est de passer par une étude de mobilité qui permette d'estimer la part modale de chaque moyen de transport. (...) Il y a 20% des utilisateurs des transports en commun qui manquent encore à l'appel. Pour l'instant, il est impossible de savoir avec certitude comment leurs comportements de mobilité ont évolué."

Nous avons demandé à l'administration wallonne les chiffres de ses comptages autoroutiers, mais la Sofico n'a pu donner suite.

Le résumé

  • Les files sont plus longues en kilomètres mais pas en temps additionnel, d'après les données de Flitsmeister.
  • Les volumes de trafic restent eux sous leur niveau de 2019.
  • Sans étude de mobilité, impossible de déterminer avec certitude comment les habitudes de mobilité ont évolué depuis le début de la pandémie.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité