Bientôt de nouvelles règles pour les trottinettes à Bruxelles

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Les trottinettes connaissent un succès fulgurant, particulièrement à Bruxelles. La Région-Capitale va adopter de nouvelles règles pour encadrer leur utilisation.

Un arrêté gouvernemental entrera bientôt en vigueur en Région bruxelloise pour préciser les règles liées à l’utilisation des trottinettes électriques. Il complétera l’ordonnance "cyclo partage", relative à l’utilisation de modes de transport partagés en flotte libre alternatifs à l’automobile. Cette ordonnance réglemente l’utilisation de tous les véhicules à deux roues.

Le nouvel arrêté réglementera entre autres la limite du nombre de trottinettes dans la rue, l’installation de points de dépôt, l’éventuelle verbalisation des abus ou encore les zones interdites au stationnement ou, à l’inverse, dédiées à cet effet.

"L’arrêté de gouvernement se fait en collaboration avec les communes", explique Marc Debont, attaché de presse du ministre bruxellois de la Mobilité et des Travaux Publics Pascal Smet. Pour prendre une décision concernant une réglementation qui s’applique à l’ensemble de la Région de Bruxelles-Capitale, l’avis des 19 communes est indispensable, précise Marc Debont. "Si on veut par exemple supprimer des zones de stationnement, on ne peut pas faire ça sans que les communes soient d’accord", note-t-il. En effet, tout ce qui concerne le stationnement relève de la compétence des communes.

La Ville de Bruxelles a répondu à la demande de la Région en proposant la création de plusieurs "drop off zones", des endroits où les utilisateurs "sont invités à déposer leurs trottinettes pour que chacun trouve sa place dans la rue", explique Jérémie Spinazze, attaché de presse de l’échevin de la Mobilité et des Travaux publics de la Ville de Bruxelles, Bart Dhondt. Une technique efficace qui aurait déjà fait ses preuves dans d’autres grandes villes. Ces points de chute seront notamment installés dans les zones commerciales et touristiques de la commune. "On attend le retour des différentes communes, mais aussi de voir comment la Région va traduire tout ça dans un texte de loi", note Jérémie Spinazze.

La Ville de Bruxelles veut donner une chance aux trottinettes et les accueillir en ville, vu que c’est perçu comme une alternative à la voiture qui a beaucoup de potentiel.
Bart Dhondt
Echevin bruxellois de la Mobilité (Groen)

De son côté, la commune de Saint-Gilles a déjà annoncé les 18 lieux dans lesquels les trottinettes ne pourront pas circuler, comme par exemple le Parvis de Saint-Gilles, la Place Louise ou encore l’ensemble de la Barrière de Saint-Gilles.

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Respect du code de la route

Marc Debont met en avant le fait que les utilisateurs sont soumis au code de la route "comme tout le monde" lorsqu’ils se déplacent à trottinette, code qui prévoit notamment que le trottoir est réservé aux piétons. "La Région n’a aucune compétence sur le code de la route, c’est la police qui s’en charge, ce n’est pas facile pour les policiers, qui sont déjà bien occupés, de se pencher là-dessus." L’attaché de presse de Pascal Smet incite donc les gens à adopter un comportement respectueux, ce qui permettra de faciliter le fonctionnement des trottinettes dans la ville et d’assurer une certaine sécurité. "Ça reste du comportement individuel, les utilisateurs doivent être conscientisés."

Le cabinet ministériel de la Mobilité et des Travaux Publics pense que cette nouvelle réglementation sera effective d’ici la fin de l’année, le temps de voir comment "la micromobilité se développe". Il estime qu’il est important d’attendre de voir comment évolue la "réalité du terrain" dans les mois à venir avant de prendre des décisions. "Il faut d’abord voir pendant plusieurs mois comment ça marche dans la ville avant de prendre des mesures, on ne peut pas déjà dire maintenant les choses adéquates à mettre en œuvre pour que ça fonctionne", explique Marc Debont.

Première européenne

"La Région bruxelloise a été la première ville européenne à réglementer l’utilisation des trottinettes", explique l’attaché de presse du ministre de la Mobilité et des Travaux Publics. La Ville de Paris s’est inspirée de l’exemple bruxellois pour mettre en place sa propre loi. "Paris nous a demandé notre réglementation pour pouvoir avancer, ils ont vu qu’on prévoyait par exemple des zones où on pourrait les déposer".

Paris a récemment annoncé quelques nouvelles règles qui entreront en vigueur en septembre 2019. La ministre française des Transports, Elisabeth Borne, a affirmé que les engins de déplacement personnel motorisés comme les trottinettes n’avaient pas d’existence juridique, mais ils seront maintenant soumis à des règles pour mettre fin "à la loi de la jungle". Selon elle, le développement des trottinettes électriques s’est "fait de manière très rapide et un peu anarchique".

L’une des premières mesures mise en place pour les quelque 25.000 trottinettes de la Ville de Paris sera l’interdiction de circuler sur les trottoirs sous peine d’une amende de 135 euros. L’amende sera de 35 euros pour le non-respect des règles de circulation. En agglomération, il sera obligatoire d’utiliser les pistes cyclables ou des voies limitées à 50km/h. À terme, Paris souhaite rendre le stationnement obligatoire dans certaines zones pour ne plus gêner les piétons.

La Ville de Bruxelles a répondu à la demande de la Région en proposant la création de plusieurs "drop off zones", des endroits où les utilisateurs "sont invités à déposer leurs trottinettes pour que chacun trouve sa place dans la rue", explique Jérémie Spinazze, attaché de presse de l’échevin de la Mobilité et des Travaux publics de la Ville de Bruxelles, Bart Dhondt. Une technique efficace qui aurait déjà fait ses preuves dans d’autres grandes villes. 

Ces points de chute seront notamment installés dans les zones commerciales et touristiques de la commune.

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