Bike Brussels surfe pendant trois jours sur le succès de la mobilité alternative

Bike Brussels 2017 ©Bike Brussels

Le salon du vélo bruxellois est ouvert jusqu’au lundi 17. Le succès du vélo est lié au succès de l’électrique. Le monde du vélo apprécie d’être enfin pris au sérieux dans la mobilité de la ville.

Avec les plans cafétérias, les budgets mobilité et alors que la congestion des villes est à son apogée, il semble que l’heure des vélos ait sonné. C’est dans ce cadre, ce vendredi soir, que le salon Bike Brussels ouvrait ses portes à Tour & Taxis. "Il y a 20 ans, on nous prenait pour des farfelus, mais aujourd’hui, on compte plus de 50.000 navetteurs quotidiens en vélo chaque jour. Notre communauté est en pleine croissance", sourit Florence Le Cocq en charge de la communication chez Provelo, l’ASBL qui entend favoriser la transition vers le vélo.

Les chiffres de la mobilité bruxelloise sont éloquents :"Il y avait une vraie demande. On constate très clairement que ce salon a pris sa place de façon tout à fait naturelle. Il y a un public très attentif par rapport aux mobilités alternatives à Bruxelles", explique Étienne Bertrand, l’organisateur du salon.

Foule de nouveautés

Le secteur des mobilités alternatives fourmille de nouveautés. "Plus de 100 exposants proposeront plus de 180 marques que vous pourrez essayer sur des circuits spécialement aménagés ou même en situation réelle dans la ville", communiquent les organisateurs. Outre les vélos belges Ahooga et Cowboy, des nouveautés originales sont présentes au salon qui se tient du 15 au 17 septembre à Tour & Taxis. Il y a par exemple ce vélo avec deux sièges enfants en enfilade sur le cadre. Ou encore un vélo pour transporter des palettes de produits en ville.

"Sans l’électrique, je n’aurais jamais décidé d’organiser un salon urbain sur le vélo"
Étienne Bertrand
Organisateur du salon Bike Brussels

La grosse tendance cette année sera néanmoins tous les produits de micromobilité comme les trottinettes, les produits monoroue et consorts.

Sur un autre stand, nous croisons Jean-Luc Hannosset de Moxhe, un entrepreneur luxembourgeois. Lui ne croit que dans l’hydrogène comme source d’énergie pour le futur de la mobilité douce. Ses équipes ont développé un vélo à pile à combustible à l’hydrogène. "L’autonomie est de plus de 100 kilomètres contre 40 à 60 kilomètres pour les vélos électriques. Vous n’avez pas le problème de la batterie qui pollue en amont et en aval et qui ne dure que 5 ans", insiste-t-il. Reste pour lui à convaincre les constructeurs d’installer son système sur leurs vélos. La technologie est très prometteuse pour les "cargosbikes" et tous les autres vélos de transports de marchandises. Elle nécessiterait néanmoins l’installation de bornes de recharge.

Si Jean-Luc Hannosset de Moxhe ne croit pas dans le vélo électrique pur le futur, il faut avouer que ce type de moyen de transport fait un tabac chez nous. "Je n’aurais jamais fait un salon urbain s’il n’y avait pas eu l’électrique. On peut se déplacer dans un costume trois pièces du bas vers le haut de la ville sans problème", insiste Étienne Bertrand.

45% des 485.168 vélos vendus en Belgique en 2017 sont des vélos électriques. Un des grands gagnants du boom du vélo électrique est l’équipementier Bosch. Il fournit l’ensemble du système électrique (moteur, batterie, etc.) à de nombreux constructeurs qui l’installent sur leurs vélos. "Nous sommes clairement les leaders sur le marché nous fournissons les systèmes Bosch électriques à plus de 70 marques", nous explique Vineeta Diels marketing manager de Bosch eBike Systems. Un pari réussi pour Bosch qui fêtera ses 10 ans de sa division vélo électrique l’année prochaine.

Fini le tout auto

Depuis quelques années, le vélo commence à prendre sa place dans le débat public et même dans les fédérations classiques de l’automobile où l’on promeut désormais la multimodalité. "Aujourd’hui, le discours pur automobiliste ne passe plus, ce serait un suicide politique. Presque tout le monde se dit favorable au développement du vélo, mais quand il s’agit de prendre de l’espace aux automobilistes pour le donner aux vélos, ça bloque systématiquement. Il y a encore pas mal de greenwashing", tacle Florine Cuignet en charge de la politique bruxelloise au sein de Gracq, l’ASBL qui défend les cyclistes en Belgique francophone.

Entre le boulevard Général Jacques, les différents projets sur la petite ceinture et d’autres, de plus en plus de projets pour les vélos ont vu ou vont voir le jour à Bruxelles. Même si la réalisation ne correspond pas toujours aux souhaits du Gracq, on y reconnaît que la tendance est plutôt positive. "Le problème c’est la continuité des trajets. Une piste cyclable s’arrête souvent net et il n’y a plus rien derrière", pointe Cuignet. La donne est d’autant plus compliquée que la lasagne institutionnelle bruxelloise s’invite souvent dans les débats.

Le succès des vélos électriques pose également de plus en plus la question des parkings sécurisés pour des vélos qui valent plusieurs milliers d’euros. Un autre des défis que pose la révolution de la mobilité douce et électrique à Bruxelles.

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