Bruxelles s'attaque aux navetteurs wallons et flamands

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Le 5 juin 2019 sera une journée test contre l'autosolisme. Objectif: une réduction de 15% de la navette automobile lors d’une nouvelle journée de sensibilisation. Le gouvernement bruxellois veut lancer une dynamique non coercitive avec les autres Régions.

Après avoir surtout sensibilisé les Bruxellois aux alternatives à la voiture, la Région de Bruxelles-Capitale s’attaque aujourd’hui à une autre source de congestion automobile et de pollution: les navetteurs wallons et flamands. Sur base d’un constat, "que les Bruxellois peuvent faire chaque été", 10% de voitures en moins, c’est une réduction de 40% des embouteillages, dixit le ministre-président Rudi Vervoort (PS). Le gouvernement régional va lancer une journée de test.

10%
de voitures en moins
Selon Rudi Vervoort, 10% de voitures en moins, c’est une réduction de 40% des embouteillages

Cette journée anti-autosolisme – cette tendance à se rendre seul en voiture au travail – est programmée pour le 5 juin prochain, journée mondiale de l’environnement et jour de semaine, bien sûr. Baptisée "Bruxelles Destination Partagée", elle est organisée en collaboration avec patrons et syndicats qui ont marqué leur accord au sein du Conseil économique et social bruxellois, complète Rudi Vervoort. "Au-delà des incantations et sans opposer le monde économique et le monde environnemental, on va démontrer qu’on peut faire la synthèse", dit-il.

Le gouvernement régional souhaite "éviter des mesures coercitives" pour entrer dans une dynamique "positive" afin de "conscientiser un maximum de personnes sur les alternatives à la voiture qui existent". Ce projet sera soumis aux autres niveaux de pouvoir lors du comité de concertation prévu juste après le congé de carnaval.

Il y a un malaise chez les navetteurs qui font presque partie d’un groupe discriminé. Nous devons nous montrer accueillants tout en les incitant à réfléchir aux nouveaux modes de déplacement.
Jan De Brabanter
Président du Conseil économique et social - Secrétaire général de Beci

Bandes de covoiturage

Les organisations patronales et syndicales soutiennent l’initiative mais demandent au politique de se mobiliser. "Les entreprises veulent faire partie des solutions, mais nous insistons sur le caractère positif de cette démarche, précise Jan De Brabanter, président du Conseil économique et social et secrétaire général de Beci. Il y a un malaise chez les navetteurs qui font presque partie d’un groupe discriminé. Nous devons nous montrer accueillants tout en les incitant à réfléchir aux nouveaux modes de déplacement. Mais les pouvoirs publics doivent proposer des solutions comme par exemple l’ouverture de parkings de dissuasion, des facilités pour le ‘last mile à vélo’ ou encore réserver une bande au covoiturage sur les autoroutes."

Une bande covoiturage ne commençant qu’aux frontières bruxelloises étant un non-sens, Bruxelles compte sur un dialogue constructif avec les deux autres Régions et le Fédéral. "Les effets bénéfiques de cette initiative se feront sentir jusqu’en Flandre, sur le Ring notamment", insiste Rudi Vervoort.

Cette journée sera annoncée par une campagne de promotion et selon les résultats obtenus, pourrait se répéter chaque année. Ses promoteurs espèrent une baisse de 15% du trafic automobile aux heures de pointe le 5 juin prochain.

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