Bruxelles veut convaincre la Flandre avec une mini taxe kilométrique. Quid de la Wallonie?

Ne payeraient la taxe kilométrique imaginée par la ministre bruxelloise de la Mobilité que les conducteurs empruntant, pour se rendre à Bruxelles ou s'y déplacer, des trajets où il existe une alternative à la voiture, comme le train ou le bus. ©BELGAIMAGE

La ministre bruxelloise Elke Van den Brandt envisage une taxe kilométrique réduite, qui épargnerait les routes de campagne et les régions non desservies par des transports en commun, pour convaincre la Flandre.

La ministre bruxelloise de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen) a suggéré l'introduction d'une version réduite de la taxe au kilomètre. Cela se ferait en concertation avec la Flandre et épargnerait certains trajets, passant par les campagnes, selon De Morgen.

Modulons le système de manière à ne payer que pour les trajets où il existe une alternative à la voiture, comme le train ou le bus.
Elke Van den Brandt
ministre de la mobilité bruxelloise

Son homologue flamande Lydia Peeters (Open Vld) se dit prête à examiner cette proposition. Elle est d'accord pour écouter la Bruxelloise à condition qu'il ne s'agisse pas d'une augmentation de la fiscalité.

Elke Van den Brandt a expliqué ses motivations: "J'entends que la ministre Peeters refuse la taxe kilométrique car les gens ne disposent d'aucune alternative à la voiture. Je considère cela comme une ouverture. Commençons pas à pas et modulons le système de manière à ne payer que pour les trajets où il existe une alternative à la voiture, comme le train ou le bus. Si vous venez d'un coin éloigné du Limbourg ou de Flandre occidentale, où il n'y a pas de bus, votre tarif sera fixé à zéro."

Autant dire que les modalités seront difficiles à discuter et à appliquer...

Une longue histoire

La Flandre et la taxe au kilomètre, c'est une histoire compliquée. Le gouvernement flamand avait déjà promis en 2009 d'étudier l'introduction d'une taxation kilométrique intelligente afin de combattre les embouteillages.

Lors de la législature précédente, Ben Weyts (N-VA), ministre de la Mobilité, avait défendu cette idée... puis l'avait abandonnée juste avant le scrutin du 26 mai. Il avait reconnu que cette taxation, même sous une forme dite "intelligente", avec un montant allant de deux à cinq cents par kilomètre, ne disposait pas d'un soutien suffisant dans l'opinion publique.

Qu'en pense-t-on en Wallonie?

Rappelons que la taxe kilométrique ne fait pas partie du programme du gouvernement wallon. Le ministre Philippe Henry, en charge de la Mobilité, a plutôt l'intention de réformer la fiscalité automobile, en fonction du niveau de pollution et de la masse/puissance du véhicule. La déclaration de politique régionale est aussi basée sur le déploiement de l'offre alternative de transport.

Mais le ministre est tout à fait disposé à écouter les propositions de sa collègue bruxelloise, nous indique sa porte-parole. "Il partage les préoccupations d'Elke Van den Brandt sur la prise en compte des populations rurales et l'équité concernant la fiscalité automobile."

Les deux ministres se rencontrent régulièrement. Mais on comprend donc que Philippe Henry préférera limiter la discussion à la fiscalité automobile au sens strict... 

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