Chantier de l'E40: alors c’est pour quand? Et comment?

Le nombre de bandes de circulation de l’E40 à l’entrée de Bruxelles pourrait être réduit. Il passerait de 6 à 4 voire 3 bandes de circulation à certains endroits. ©BELGA

Le gouvernement bruxellois ne parvient pas à se mettre d’accord sur une date pour la réduction du nombre de bandes de circulation sur l’E40.

Le week-end dernier, la RTBF annonçait que le projet de rétrécissement de l’E40 allait s’accélérer. Il était question d’une phase test dès le début de l’année prochaine.

L’information avait fait réagir des partenaires de la majorité. L’Open Vld pronostiquait "un chaos garanti". Le cdH exhortait de ne pas mettre "la charrue avant les bœufs". Des sorties annonciatrices d’une bonne ambiance de travail pour la prochaine réunion du gouvernement bruxellois. Celle-ci a eu lieu hier. Le sujet a été évoqué. Mais le gouvernement n’a pas réussi à se mettre d’accord sur une date de début de chantier.

Alors c’est pour quand?

Au sein du gouvernement, certains voudraient profiter des chantiers de rénovation des tunnels qui relient l’E40 à Meiser et l’E40 à Montgomery dans les deux sens pour lancer le projet de réduction de bandes. Ces chantiers vont démarrer l’année prochaine. Certains y voient un moment opportun, étant donné que la situation va être modifiée.

D’après nos informations, le PS défend cette position. Il n’est pas suivi par tous ses partenaires qui estiment que le projet doit être testé dans les conditions réelles, c’est-à-dire après la rénovation des tunnels, soit en 2018. Cette date vous dit quelque chose? C’est l’année des élections communales. "C’est sans doute ce qui explique que certains voudraient avancer le plus vite possible", disent certains.

"Ca fait quatre ou cinq ans qu’on étudie le projet. Pourquoi faudrait-il encore attendre?"
Bernard Clerfayt
Bourgmestre de schaerbeek

Le bourgmestre Bernard Clerfayt (DéFI) est, lui, persuadé que le chantier des tunnels n’aura pas d’impact. Il plaide pour une mise en œuvre le plus rapidement possible. "Ca fait quatre ou cinq ans qu’on étudie le projet. Pourquoi faudrait-il encore attendre?", interroge-t-il. Il affirme que c’est la position défendue par l’ensemble du collège échevinal dans lequel siège Denis Grimberghs (cdH). Ce dernier est plutôt dans une position schizophrénique puisque son parti demande la suspension du projet.

Rappelons que l’accord de majorité prévoit bien le réaménagement de l’entrée E40 en boulevard urbain. Mais aucune date n’a jamais été avancée. C’est tout le nœud du problème aujourd’hui.

Combien de bandes finalement?

En ce qui concerne le nombre de bandes qui seront supprimées, en réalité, cela dépend de l’endroit où on compte. Si c’est au niveau des tunnels, il est bien question d’une réduction de six à trois voies. La quatrième bande évoquée lundi par le ministre-président se situe plus en amont, à hauteur du Cora. "C’était un effet de communication pour ne pas effrayer les automobilistes. Pas très courageux", jugent certains.

Quel impact pour les voitures?

Les automobilistes doivent-ils avoir peur? Les études menées ont démontré que les volumes de trafic actuels étaient compatibles avec une réduction de bande. Sauf pour ce qui concerne le tunnel E40 Montgomery où la réduction limiterait le passage de 1.500 véhicules par heure alors que 2.293 véhicules sont recensés aujourd’hui. "La réduction à une voie de ce tunnel apparaît donc comme la seule mesure volontariste à même de réduire l’afflux de véhicules en ville", souligne le rapport d’étude final.

Le gouvernement bruxellois va-t-il aller au bout de ses ambitions malgré l’agitation? Le ministre fédéral de la Mobilité, François Bellot (MR) en a rajouté une couche en demandant la réunion urgente du conseil exécutif des ministres en charge de la mobilité, a-t-il indiqué à la Chambre. Il déplore la décision prise par le gouvernement régional qui, selon lui, accroîtra le "chaos" pour les usagers de l’autoroute. Il regrette l’absence de concertation avec les autres entités. "Bruxelles n’est pas une île", a déclaré le ministre Willy Borsus (MR) qui répondait à sa place.

Certains observateurs bruxellois s’étonnent de cette demande de concertation qui ne semble pas d’application lorsque c’est la Région flamande qui prend la décision d’élargir le ring.

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