Deloitte veut un budget mobilité pour tous

©Photo News

Dans la panoplie de mesures nécessaires pour résoudre la congestion belge, Deloitte place le budget mobilité pour tous, les hubs multimodaux ou les infrastructures vélos au centre de ses solutions.

Le Belge perd, en moyenne, 39 heures dans les embouteillages par an. Seul le Royaume-Uni connaît pire en Europe. Le problème, c’est que la voiture reste très attractive pour beaucoup, car elle reste considérée comme le moyen de transport le plus sûr, le plus fiable et le plus facile à utiliser.

Dossier Mobilité

La Belgique a les artères bouchées. En cause: une mobilité défaillante. Conséquence: un coût économique important pour nos entreprises et des effets négatifs sur notre santé. Quel chemin suivre pour sortir de l'ornière? Notre dossier >

Si le constat est connu, Deloitte y ajoute des chiffres. 74% des kilomètres parcours en Belgique le sont encore en voiture personnelle. Il est donc grand temps que notre pays prenne le problème de la mobilité à bras-le-corps et instaure, de manière globale, une sorte de "new deal" pour la mobilité, conclut Deloitte une étude consacrée à ce thème.

Deloitte a identifié deux grands axes de travaux pour la Belgique: l'infrastructure et la législation/fiscalité.

Au niveau de l’infrastructure, Deloitte préconise de concentrer les investissements là où la congestion est la plus forte, à savoir dans le "diamant flamand" (Anvers, Gand, Louvain, Bruxelles) et le "triangle wallon" (Charleroi, Namur, Liège).

On ne parle pas spécialement ici d’infrastructures pour les voitures. "Le vélo est un sport national en Belgique, on devrait en faire notre mode de transport national", insistent les auteurs de l’étude. Il reste fort à faire car 40% des trajets de 1 à 2 kilomètres effectués en Belgique le sont encore en voiture contre 26% à vélo.

©Deloitte

Deloitte milite également pour un vaste réseau de pôles multimodaux autour de Bruxelles. Cela pourrait "supprimer 20.000 voitures de notre réseau routier", insiste le bureau de consultance. "Une diminution de 10% du nombre de voitures sur la route entraîne une diminution de 40% des congestions dans la capitale", rappelle-t-il.

Hubs de mobilité hors des villes

L’idée est que ces pôles soient visibles et physiques, avec pour objectif d'améliorer l’utilisation de la mobilité alternative de 130%. Ces hubs en-dehors des villes pourraient par exemple être composés de parkings pour vélos, voitures ou scooters. Ils seraient connectés au réseau de transport en commun. On y trouverait des services de véhicules partagés, des zones de Kiss&Ride ainsi que divers services allant du wi-fi aux informations de trafic en temps réel, voire des points de livraison pour les achats.

Cette idée ne sort pas de nulle part. À Brême, 80 "mobil.punkte" ont été installés. "Ils fournissent 300 voitures partagées à 14.000 utilisateurs. Cela a non seulement enlevé 5.000 voitures privées des rues, mais également diminué l’usage global de la voiture", explique Deloitte. 

Budget mobilité pour tous

Le budget mobilité est un pas dans la bonne direction en termes de mobilité alternative, mais chez Deloitte, on rappelle qu’il n’est une solution que pour les travailleurs belges qui ont déjà accès à une voiture de société, soit moins de 500.000 personnes. Pour Deloitte, si on veut vraiment changer les choses, il faut imaginer un budget mobilité pour les 5,5 millions de Belges actifs afin que tout le monde soit encouragé à passer à la mobilité alternative.

C’est là l’occasion de développer la mobilité comme un service (MaaS), à la place de la voiture privée. À Helsinki, ville précurseur en la matière, l’usage de la voiture privée a diminué de 50% grâce à ce type de services de mobilité (voitures, vélos, trottinettes partagées ou planificateurs de trajets multimodaux etc. ) 

Rappelons que la question de l’égalité entre les travailleurs a d’ailleurs été régulièrement soulevée lors de l’élaboration de la loi sur le budget mobilité et pourrait encore être contestée à l’avenir.

Enfin, Deloitte demande que des avantages fiscaux continuent d’exister pour les véhicules verts et que la Belgique investisse dans le réseau électrique pour favoriser cette transition.

Lire également

Publicité
Publicité