Encourager le covoiturage, est-ce vraiment utile?

En zone fortement congestionnée, une faible progression du covoiturage peut avoir des effets importants, estime le Bureau du Plan. ©ddp images

Une étude du Bureau du Plan montre que cumuler le prélèvement kilométrique et des incitations au covoiturage peut porter ses fruits à certains endroits et moments.

Pour réduire les émissions polluantes et les embouteillages, les politiques de mobilité tentent de limiter les déplacements en voiture par une fiscalité qui vise à décourager l'utilisation de la voiture, notamment. Un autre moyen consiste à augmenter le nombre de personnes par véhicule. Comment? Par des moyens attractifs: réservation de bandes d'autoroutes aux voitures transportant plusieurs navetteurs, parking de covoiturage près des autoroutes, avantages financiers aux personnes voyageant à plusieurs...

-13%
en heure de pointe
À Bruxelles, combiner différentes mesures favorisant le covoiturage diminuerait les déplacements automobiles de 13% en heure de pointe

En Belgique, la Région de Bruxelles-Capitale veut augmenter le taux d’occupation des voitures de 1,3 à 1,35. La Région wallonne mise sur une hausse de 1,3 à 1,8.

Le Bureau du Plan a analysé l'impact de la combinaison de différentes mesures. Il conclut qu'un taux d’occupation de 1,5 peut être atteint grâce à "un prélèvement kilométrique de 4 centimes d’euro et des mesures de soutien au covoiturage qui réduisent de près de 50% le coût variable du covoiturage pour les déplacements domicile-lieu de travail". Ce système générerait 2 milliards d’euros de recettes publiques annuelles supplémentaires.

Les freins au covoiturage

Mais un taux d'occupation de 1,5 reste faible. Pourquoi ne décolle-t-il pas? Il faut savoir que 60% des déplacements ne sont pas professionnels, mais privés. En outre, les usagers se focalisent sur les désavantages du covoiturage: coordination des horaires, détours, risque de vandalisme et vol sur le parking de covoiturage, retard potentiel...

Pourtant, en zone très congestionnée, une faible progression du covoiturage peut avoir des effets importants. Autour de Bruxelles, la combinaison de mesures entraîne une baisse de 13% des déplacements en voiture aux heures de pointe et une progression de 27% de la vitesse moyenne. Autour d'Anvers, les déplacements diminuent de 20% aux heures de pointe et la vitesse augmente de 18%.

En zone très congestionnée, une faible progression du covoiturage peut avoir des effets importants.

Il y a donc intérêt à manier la carotte et le bâton: cela "permet de combiner l’effet incitatif fort d’un prélèvement kilométrique et les dispositions qui renforcent l’attrait du covoiturage et donc adoucissent la pilule", conclut le Bureau du Plan.

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