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L'app pour ne pas payer votre parking est belge

©Document cPark

Hadrien Crespin a écopé de cinq amendes en cinq jours pour avoir laissé sa voiture garée une semaine durant dans une rue de Bruxelles où les parkings étaient payants alors qu’il les croyait gratuits. Cette mésaventure lui a donné l’idée de créer une application, cPark, pour éviter que cela ne lui arrive encore. Au départ, il n’avait songé qu’à lui, mais il s’est rapidement aperçu que son invention intéressait tout le monde...

Ingénieur de gestion de formation (Louvain-la-Neuve), Hadrien Crespin rêvait de devenir entrepreneur à la sortie de l’université, il y a six ans, mais a estimé qu’il valait mieux accumuler de l’expérience au service d’autrui avant de se lancer. Il est entré au service de NextWorld Capital, une société d’investissement établie en France. Deux ans plus tard, il a parfait son écolage sur le terrain en travaillant d’abord dans la division fusions et acquisitions (mergers & acquisitions) de la firme britannique MIF Advisory, puis au département M&A de la banque Belfius. Quatre années durant, il a mangé des projets d’acquisitions.

"Cela m’a permis de rencontrer beaucoup d’entrepreneurs et de voir les projets qui marchent, d’analyser les raisons du succès."

Son appli parking lui a servi de déclic. Tout en continuant de travailler chez Belfius, il s’est alors associé avec un développeur et a intégré l’accélérateur de start-up Start(ad)KBC en mai 2017. "On y a d’abord testé le concept en personnes physiques, explique-t-il, puis, après l’avoir validé, on a créé une SPRL en septembre, qu’on a baptisée Ctech."

Il a lancé l’application gratuite cPark sur deux villes en septembre: Bruxelles et Anvers. En deux mois, le système a convaincu 50.000 utilisateurs. Au passage, pendant trois jours, cPark a été l’application la plus téléchargée de Belgique en réussissant à devancer les monstres habituels, Facebook, Whatsapp ou Instagram.

• Comment ça marche? L’appli fonctionne sur deux tableaux: elle indique les zones de parking sur la carte en précisant si les places sont gratuites, à disque ou payantes et ajoute quels sont les risques de contrôle en fonction des heures de la journée. Elle alerte l’utilisateur si un contrôleur est aperçu à proximité de sa voiture ou si son temps de stationnement arrive à sa fin. Parallèlement, la communauté des utilisateurs est invitée à collaborer en signalant d’initiative la présence d’un contrôleur dans sa zone ou les détails d’une amende reçue, ce qui permet d’alimenter le système par un flot d’info d’actu continu.

"Nous sommes le Coyote des parkings", résume le fondateur… qui a vérifié la légalité du service proposé. "Il ne s’agit que d’un échange d’informations, qu’on trie et qu’on rend visibles. On parle par ailleurs d’amendes de parking, mais en réalité ce sont plutôt des rétributions que des amendes. Ce ne sont pas des infractions pénales, et les contrôles ne sont pas effectués par des agents assermentés."

La société se rémunère par la publicité qui, dans ce cas, est contextualisée et géolocalisée. Les annonceurs sont par exemple des restaurants, des stations-service, des magasins qui envoient des messages aux conducteurs garés près de chez eux. Un assureur auto, Corona Direct, collabore également en proposant ses services aux utilisateurs.

Et ça marche? Les choses démarrent très vite pour Hadrien Crespin et son associé: après Bruxelles et Anvers, ils viennent d’ouvrir Liège, Charleroi, Leuven et Gand au service. Ils y ajouteront quatre villes belges supplémentaires d’ici la fin de l’année. Ils ont fédéré une équipe de cinq personnes pour organiser tout cela et prévoient déjà d’en engager dix autres rapidement. Comme quoi de petites amendes peuvent mener à une grande idée…

Six villes belges sont couvertes aujourd’hui par l’appli, nombre qui montera à dix d’ici un mois et demi. Et les fondateurs de Ctech envisagent déjà d’exporter le concept à la base de cPark. Ils ont inscrit le projet à leur agenda pour 2018. "Nous avons présélectionné Paris comme étant la ville offrant le plus de potentiel et de synergies possibles", souligne Hadrien Crespin. Un sacré challenge, pour lequel son entreprise prévoit de lever des fonds prochainement auprès d’investisseurs privés et, si possible, d’institutionnels.

"A priori, on partira seuls à l’international, mais si l’on trouve un partenaire local intéressant, pourquoi ne pas s’associer?" poursuit Crespin. Si le candidat dispose d’un réseau, cela pourrait singulièrement accélérer les choses. Pour le guider dans ce développement, Ctech peut aussi s’appuyer sur les conseillers disponibles après de l’accélérateur Start it. "On y trouve des coaches dans quasi toutes les disciplines." Une aide précieuse pour une jeune pousse prête à croître à vitesse grand V.

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