La voiture de société reste une vache sacrée aux yeux des employés

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La plupart des employés ne sont pas disposés à lâcher la voiture de société contre une alternative (budget de mobilité, abonnement de train, etc.). Ils le sont plus s'ils travaillent à horaires flottants ou font du télétravail.

Le Belge s’accroche à la voiture de société et ne se laissera pas facilement séduire par des alternatives comme le budget mobilité, l’abonnement de train ou la voiture partagée. C’est ce que montre une enquête réalisée par le secrétariat social Securex auprès de 1.500 travailleurs.

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57% des répondants connaissent les alternatives à la voiture de société, mais les jugent peu attractives.

D’après cette enquête, 6 répondants sur 10 (59%) affirment, en effet, être décidés à changer d’employeur si on devait leur retirer la voiture de société. Les moins de 50 ans sont plus déterminés (66%) sur ce point que les plus de 50 ans (36% seulement).

Hermina Van Coillie, experte chez Securex, juge assez normal que les jeunes soient davantage attachés à leur voiture de société. "Ils ont souvent des enfants et des vies bien chargées. Les déplacements domicile-travail incluent souvent des détours par le magasin ou l’école."

La flexibilité fait une différence

Outre l’attachement à la voiture de société, il semble également régner une aversion pour les alternatives. Si on leur propose de troquer leur voiture actuelle pour une voiture plus petite combinée avec des moyens de transport alternatifs (vélo, trottinette, abonnement, voiture partagée…), 2 salariés sur 3 refuseront. Fait notable, il n’y a pas de différence entre les hommes et les femmes, ni en matière d’âge ou de lieu de résidence des travailleurs.

Si les entreprises sont vraiment résolues à sortir les salariés de leurs voitures, elles devraient élargir le spectre et ne pas se focaliser sur la seule politique de mobilité.
Hermina Van Coillie
Experte chez Securex

Ce qui peut, en revanche, faire la différence, c’est la flexibilité dont un travailleur jouit ou non en termes de lieu et de temps passé entre le domicile et le travail. Ainsi, les travailleurs qui peuvent choisir le moment où ils travaillent (horaires flottants) envisagent davantage (44% versus 23%) d’échanger leur voiture de société contre un plus petit modèle et de le combiner avec des moyens de transport alternatifs si l’employeur le propose.

Chez les travailleurs qui peuvent pratiquer le télétravail, cette différence est encore plus grande (45% versus 23%). "Si les entreprises sont vraiment résolues à sortir les salariés de leurs voitures, elles devraient élargir le spectre et ne pas se focaliser sur la seule politique de mobilité", conseille Hermina Van Coillie.

Alternatives jugées peu attractives

L’enquête de Securex révèle aussi qu’il reste de la marge en matière de communication autour des alternatives. Ainsi, un travailleur sur cinq indique ne pas être au courant des possibilités d’échanger la voiture contre une solution alternative de mobilité. De même, un travailleur sur quatre seulement se dit bien informé et juge les alternatives intéressantes. Enfin, 57% des répondants connaissent les alternatives, mais les jugent peu attractives. "Les employeurs eux-mêmes connaissent insuffisamment les alternatives présentes sur le marché", estime-t-on chez Securex.

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