Le phasing out du diesel est lancé en Wallonie

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Le gouvernement wallon s’est entendu sur un calendrier de sortie du diesel. En 2030, les véhicules dotés d’une motorisation diesel aux normes actuelles et anciennes seront bannis des routes.

Les communes wallonnes auront la possibilité d’instaurer une ou plusieurs zones de basses émissions sur leur territoire.
Carlo Di Antonio
ministre

Après Bruxelles, qui va bannir les véhicules diesel les plus polluants de ses rues dès le 1er janvier 2018, la Wallonie emboîte le pas. Le tempo est cela dit moins rapide.

Le gouvernement wallon MR-cdH a ainsi validé jeudi un avant-projet de décret qui dresse les grandes étapes menant vers la fin du diesel en 2030. À cette date, les véhicules diesel des particuliers répondant aux normes actuelles et anciennes ne seront plus autorisés à circuler sur les routes wallonnes.

Vu l’ampleur du parc automobile, cette révolution ne se fera pas du jour au lendemain. La Wallonie a donc prévu un phasing out!

3 millions
Plus de 3 millions de véhicules immatriculés en Belgique ne pourront plus rouler sur le sol wallon dès 2030.

La première étape est programmée à 2023. À partir de cette date, les véhicules équipés d’un moteur diesel qui ne répond à aucune euronorme ou qui répond à l’euronorme I ne pourront plus circuler sur les routes wallonnes. D’après les chiffres de la Febiac, la fédération belge de l’automobile et du cycle, ces deux catégories représentent encore 40.000 véhicules immatriculés en Belgique aujourd’hui. Il est néanmoins utile de préciser que la mesure touche tant les voitures immatriculées en Belgique qu’à l’étranger.

→ La deuxième étape du phasage est fixée à 2024. Ici, ce sont les voitures équipées d’un moteur diesel qui répond à l’euronorme II qui seront interdites. Soit un peu plus de 80.000 véhicules en circulation en Belgique aujourd’hui, estime la Febiac.

→ Toutes ces étapes doivent conduire la Wallonie à la date pivot de 2030 où un grand basculement est programmé. Au-delà du 1er janvier 2030, "suivant la progressivité proposée, seuls les véhicules diesel qui répondent au moins à la nouvelle procédure d’homologation en matière d’émissions polluantes pourront circuler", prévient Carlo Di Antonio (cdH), le ministre wallon en charge de l’Environnement. Concrètement, cela concerne les moteurs diesel Euro VId-Temps qui seront commercialisés à partie de 2018.

Rythme communal différent

À côté du séquençage régional de sortie du diesel d’ici 2030, le gouvernement va permettre aux communes d’instaurer leurs zones de basses émissions sur leur territoire à un rythme plus rapide que le calendrier que s’est fixé la Wallonie. "Les communes wallonnes auront la possibilité d’instaurer, de manière permanente ou ponctuelle, une ou plusieurs zones de basses émissions sur leur territoire. Pour protéger un centre-ville par exemple", explique le ministre. Prenons ainsi l’exemple des moteurs diesel euronorme II. Bien qu’interdit sur le sol wallon en 2024, une commune pourra les exclure de sa zone de basse émission dès 2020.

Zizanie sur les routes

Tous ces changements à des rythmes différents risquent de créer la zizanie chez les usagers et sur les routes. Imaginez le propriétaire d’un véhicule diesel très polluant voulant se rendre d’un point A vers un point B avec sa voiture. Sa route traverse le centre-ville d’un village sans possibilité de déviation. Or, pas de chance pour lui, le bourgmestre de cette localité vient de décréter le centre-ville zone de basse émission qui exclut le véhicule de cet automobiliste. Que va-t-il se passer? Le gouvernement promet de clarifier toutes ces situations kafkaïennes à travers une série d’exceptions. Il en sera de même pour les ancêtres.

Un système de contrôle va par ailleurs être mis en place. Il devrait prendre la forme d’une vignette à apposer sur le pare-brise ou d’un contrôle électronique via une reconnaissance des véhicules circulant dans la zone via des caméras.

Il est forcément trop tôt pour connaître le nombre de véhicules qui seront en circulation en 2030 et qui ne pourront plus rouler pour des raisons environnementales. À ce jour, d’après les chiffres de la Febiac, plus de 3 millions de véhicules diesel immatriculés en Belgique ne pourront plus rouler sur le sol wallon dès 2030.

Si aucune prime n’est prévue par la Région wallonne pour inciter les automobilistes à changer de véhicule, le gouvernement compte sur le remplacement naturel du parc automobile. La révision de la taxe de circulation qui intégrera un volet environnemental devrait en outre pousser certains automobilistes à se défaire de leur vieux diesel polluant.

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