Les travailleurs belges préfèrent les modes de transport individuels et flexibles

Le vélo est plus souvent choisi par les travailleurs quand il est proposé par l’entreprise. ©BELGA

Les Belges optent de plus en plus pour le vélo pour se rendre sur leur lieu de travail. Un moyen de transport flexible qui doit être encouragé, pour Acerta.

Le vélo apparaît comme le grand gagnant d’une étude réalisée par Acerta, même si la voiture reste majoritaire. En 2016, 20,6% des travailleurs ont opté régulièrement pour le vélo pour effectuer leurs déplacements quotidiens, soit une progression de 13,1% par rapport à 2015. Les travailleurs choisissant la voiture étaient, eux, 71,1%. Ce moyen de transport reste le plus populaire en Belgique, en progression de 0,3% par rapport à l’an dernier. Les transports en commun ont été privilégiés par 5% des travailleurs, sans changement par rapport à l’année précédente, et 3,3% des travailleurs se sont rendus régulièrement sur leur lieu de travail à pied.

Établi pour la deuxième année consécutive, ce baromètre de la mobilité a permis d’analyser les modes de transport choisis par les travailleurs chez plus de 40.000 employeurs privés, aussi bien dans des PME que des grandes entreprises.

Croissance du vélo

L’essor du vélo a été favorisé par les plans cafétéria. Olivier Marcq, juriste responsable de domaine chez Acerta explique qu’il s’agit "d’une partie du budget rémunération d’un employeur, laissé au libre choix du travailleur". Normalement, la voiture de société fait partie du package salarial, à prendre ou à laisser. Mais pour Olivier Marcq, cette solution est parfois absurde. Un jeune cadre de Bruxelles, habitant à côté d’une station de métro, aura plus problèmes que d’avantages avec une voiture de société, ne serait-ce que pour arriver à la garer. En revanche avec ces plans cafétéria, les employeurs laissent de plus en plus le choix entre une voiture de société, un vélo, un abonnement aux transports en commun, ou une combinaison de plusieurs solutions de mobilité.

Le vélo électrique, en réduisant le poids de la distance dans le choix du mode de transport, participe à cette progression du vélo. Si les motivations pour pédaler plutôt que conduire n’ont pas été chiffrées par Acerta, Olivier Marcq considère qu’il s’agit probablement d’une combinaison de plusieurs facteurs: la congestion du trafic, l’environnement, et l’envie croissante d’avoir un mode de vie sain. "Rouler à vélo permet d’arriver au travail moins stressé, d’être moins malade", ce qui est bénéfique pour l’employeur comme pour l’employé, qui peut en plus bénéficier d’une indemnité de 23 centimes par kilomètre parcouru.

La voiture reste toutefois prédominante, avec une hausse du pourcentage de voitures de société. En 2016, 9,9% des travailleurs utilisaient une voiture de fonction, soit une hausse de 3,6%. Et si les employés sont surtout concernés par cet avantage, les ouvriers, habitués à utiliser les camionnettes des entreprises pendant leur journée de travail, mais moins pour leurs trajets domicile-travail, en bénéficient de plus en plus (+ 13,2%).

Défis de mobilité

Selon Acerta, l’un des grands enjeux de la mobilité consiste pour les employeurs à proposer des plans de mobilité personnalisés, pour se distinguer dans la "guerre des talents". Face aux défis actuels de la mobilité, congestion du trafic et pollution de l’air, si les employeurs proposent des solutions créatives, flexibles, et une participation active des salariés à leur package de rémunération, ils seront plus attractifs sur le marché de l’emploi, évitant d’avoir à chercher des talents existants ou potentiels uniquement à proximité.

"Les embouteillages encouragent (…) d’autres solutions de transport."
Olivier Marcq
juriste chez acerta

Une proposition de budget mobilité doit être discutée au gouvernement fédéral en avril, par les partenaires sociaux, pour répondre à ces défis. Ce budget viserait la réduction des voitures de société, remplacées par un budget à employer selon le souhait du salarié, et s’inscrit dans les réflexions actuelles autour du travail faisable. Olivier Marcq met toutefois en garde contre les pièges à éviter. Il serait pour lui contre-productif que ce budget mobilité ne propose pas de modes de transport alternatifs. "Si tout le monde troque sa voiture de société pour une voiture privée, cela n’aura pas l’effet escompté. Le trafic ne sera pas désengorgé et l’environnement en pâtirait (…), les voitures privées ont en général des émissions CO2 plus importantes parce qu’elles restent plus longtemps en circulation."

Flexibilité

Pour Olivier Marcq, des investissements dans les transports en commun sont certainement nécessaires, mais comme ces derniers n’ont pas connu de percée en 2016, ils ne constituent pas une alternative adéquate à la voiture, par manque de flexibilité. Les transports individuels restent privilégiés, pour ne pas avoir à dépendre d’horaires et de stations fixes. La flexibilité étant donc le maître mot de la mobilité pour Acerta.

Il n’y a pas d’obligation légale à l’application des plans cafétéria. Mais selon Olivier Marcq, le budget mobilité doit mettre en place des incitants pour les généraliser. Le fait d’avoir le choix inciterait les travailleurs à opter pour le vélo: "On voit que là où c’est offert, le vélo a plus de succès." Ainsi les travailleurs seraient encouragés à délaisser la voiture, ou du moins à la combiner à d’autres types de transports, toujours pour plus de flexibilité. 7,8% de travailleurs avec une voiture ont déjà choisi cette solution, alternant avec le vélo selon la météo.

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