interview

"On est en train de perdre la bataille de la Mobilité"

Pieter Timmermans, patron de la FEB. ©Photo News

Pieter Timmermans, le patron des patrons, affirme que la mobilité est la priorité n°1 de la FEB, devant les coûts salariaux.

On a compté 445 km de bouchons mardi, c'est un record qui a paralysé le pays et pour Pieter Timmermans, le patron de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), il est temps de prendre les choses en main. "Notre priorité n°1, c'est la mobilité", affirme-t-il au micro de Martin Buxant (L'Echo) sur Bel RTL, devant les coûts salariaux et la compétitivité. La mobilité inquiète les chefs d'entreprise et, selon Pieter Timmermans, joue un rôle de repoussoir auprès d'investisseurs étrangers.

Concrètement, la FEB a déposé un plan de 50 mesures (à lire ici) sur la table du gouvernement avec notamment au programme, la révision du budget Mobilité, la possibilité de faire des livraisons la nuit, l'introduction d'une redevance kilométrique intelligente (c'est-à-dire payer en fonction de votre utilisation). "Ça va avoir un impact sur le comportement des gens."

Et il en profite pour lancer un appel au Premier ministre Charles Michel: "Attaquez ce problème, organisez un comité de concertation avec les ministres régionaux."

Les transformations sont en cours

Le patron de la FEB espère inciter les citoyens à emprunter davantage les transports en commun. Il voit donc d'un très bon oeil d'arrivée du service minimum à la SNCB et peut-être bientôt dans les bus des TEC.

Il regrette par contre la tournure que prend le dialogue social. "La logique d'une concertation veut qu'on se parle et qu'on discute et à la fin, quand il n'y a plus d'autres possibilités, on fait grève. Nous avons l'impression aujourd'hui qu'on fait grève d'abord pour provoquer une concertation sociale."

"Ne jouons pas avec la vie et la sécurité de nos citoyens. On ne demande pas de garder les centrales nucléaire à tout prix."

Or, les grèves à répétition sont un problème pour les usagers qui risquent d'opter plus facilement pour la voiture. Pieter Timmermans propose donc de recourir à des compagnies de bus privés lorsque les TEC font grève. "Il faut trouver le juste équilibre, c'est possible pour moi. En Flandre, ça existe déjà."

Autre changement à prévoir: l'interdiction du diesel. "On va y arriver, car on aura plus de voitures électriques", estime-t-il en mettant un point d'honneur à penser à un bon pacte énergétique qui comprenne notamment la prolongation du nucléaire au-delà de 2025 afin de sécuriser l'approvisionnement. Il regrette par contre la chasse du gouvernement contre les fausses hybrides. "Changer la politique en cours de route, ce n'est jamais une bonne idée."

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