PSA étoffe sa stratégie axée sur la mobilité

Dans le cadre de son partenariat avec le groupe Bolloré, PSAfournit des voitures électriques partagées.Sur la photo: une Citroën C-Zero pour le service Bluely de Lyon. ©Jerome Lejeune

Les services de mobilité de PSA ont vocation à devenir le deuxième pilier du groupe. L’idée du groupe est de s’appuyer sur des partenariats avec des sociétés et start-ups à la pointe dans leur domaine. PSA annonce un partenariat avec les Canadiens de Communauto. Une plateforme Free2Move entend centraliser tous ces services dans une application unique que PSA veut offrir comme solution de mobilité à ses 15 millions de clients.

Vendre de la mobilité et non plus seulement des voitures, c’est le grand message à la mode dans le secteur automobile. "L’être humain a besoin de liberté de mouvement, c’est une certitude. Nous devons être des apporteurs de solutions", dit Carlos Tavares, le patron du groupe Peugeot-Citroën (PSA). Ce mercredi, à la veille des journées presse du Salon automobile de Paris, il a voulu prouver que dans son groupe, cette volonté dépassait les mots.

Carlos Tavares veut en effet faire des services de mobilité un deuxième pilier de sa stratégie. Pour y arriver, le patron a choisi la voie du partenariat. "Nous allons construire une relation avec des partenaires qui ont une capacité hors normes pour comprendre la segmentation des services de mobilité et travailler avec les champions de chacun de ce type de service", détaille-t-il.

Concrètement, PSA a annoncé mercredi avoir signé un partenariat avec la société Communauto qui propose des services de voitures partagées à Paris et dans sept villes au Canada. PSA a, au passage, pris une participation dans la société canadienne.

PSA a par ailleurs déjà un service de voitures partagées à Berlin du nom de Multicity. Il détient également 24% de la Blue Alliance, cette société détenue également à 25% par Renault et à 51% par le groupe Bolloré. Ce sont les fameuses Autolib, Bluecub et Bluely électriques partagées que l’on voit respectivement dans les rues de Paris, Bordeaux et Lyon. Des voitures de la Blue Alliance, on va en retrouver à Turin en octobre et prochainement à Londres alors que les Blueindy arpentent déjà les rues d’Indianapolis.

PSA a aussi des partenariats dans les services de location de voitures entre particuliers avec Koolicar ou TravelCar (lire l’encadré plus bas).

Plateforme unique

Mais la nouveauté du jour est le lancement de la plateforme Free2Move qui veut agréger ces différents services de mobilité. L’idée serait donc de dire quel trajet on veut effectuer dans une application qui nous indiquerait la solution la plus adaptée en fonction du trafic, des voitures disponibles, du coût du parking, etc. Une plateforme unique dans laquelle PSA veut aussi mettre ses services de financement ou ses services connectés comme le paiement de l’essence, du stationnement ou des péages depuis l’habitacle. "Free2Move sera capable d’offrir à nos 15 millions de clients la panoplie de services de mobilité. Free2Move sera un point d’accès unique à tout", annonce Carlos Tavares. Celui-ci n’exclut d’ailleurs pas qu’une formule "all in" avec un paiement mensuel par exemple voie le jour à l’avenir. Le patron se dit également ouvert si d’autres compagnies veulent se joindre à l’aventure.

Que le début

Si l’on sait que la mobilité est en plein changement, Carlos Tavares se garde bien de voir trop grand dans ses prévisions de revenus liés à ces activités. L’objectif de chiffre d’affaires est à peine de 300 millions d’euros d’ici 2021 par rapport à un groupe qui devrait peser 60 milliards d’euros d’ici là. "Nous sommes au début de l’histoire et tout n’est pas encore clair. On accepte d’avoir des propositions qui ne sont pas claires non plus pour moi et je dois accepter d’avoir une dose d’inconfort plus grande", détaille le patron.

"À ce stade, le chiffre d’affaires de ces nouveaux services importe peu."
Carlos Tavares
Président du directoire de PSA

Carlos Tavares rappelle que son groupe est numéro quatre au monde si l’on regarde sa marge. "Nous avons les moyens d’investir", nous répond-il quand on lui demande quelle part de l’investissement ira à ces nouveaux services de mobilité.

PSA, comme toute entreprise cotée "classique", doit aussi rendre des comptes sur le rendement de l’argent investi. C’est peut-être pour ça que prendre l’approche du partenariat avec les sociétés et start-ups peut s’avérer la plus judicieuse. Surtout que parallèlement, le développement de véhicules autonomes et électriques bat aussi son plein au sein du groupe.

Dans les aéroports belges

Louer sa voiture au lieu de la garer

Parmi les nouveaux partenaires de PSA figure la start-up TravelerCar. Celle-ci propose aux propriétaires de louer leur voiture à des tiers plutôt que de la garer dans un aéroport"Au lieu de payer le parking, vous pouvez même gagner un peu d’argent", sourit Gui Bulaty, le COO de TravelerCar.

Sa start-up propose deux solutions: un parking bon marché dans les aéroports, ou cette possibilité de location à des tiers. La location profite tant au propriétaire qu’au loueur, TravelerCar proposant aux vacanciers des prix bien plus intéressants que les sociétés de location classiques.

Gui Bulaty en sait quelque chose, lui qui travaillait pour une grande société de ce secteur auparavant.

Présent dans 8 pays, TravelerCar propose déjà sa solution de parking moins cher dans les aéroports belges"D’ici quelques mois", TravelerCar y proposera également ses services de location à des tiers. Chez PSA, on nous assure, étude à l’appui, que les sinistres sont moins nombreux quand les gens louent des voitures de particuliers. PSA a participé au financement de la start-up avec son fonds de 100 millions d’euros dédié à ce type d’activités.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content