Une entreprise sur trois souhaite quitter Bruxelles

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Conséquences immédiates de la fermeture des tunnels: les commerces de la capitale souffrent et de plus en plus d'entreprises envisagent de quitter Bruxelles.

L'organisation patronale flamande, Voka, n'y va pas par quatre chemins. Pour elle, les problèmes dans les tunnels bruxellois menacent le rôle de capitale de Bruxelles. Une fermeture prolongée des tunnels du centre-ville rendrait même la situation chaotique pour le porte-voix du patronat flamand.

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Le tronçon Léopold II engloutit une masse considérable de navetteurs, principalement en provenance de Flandre. Depuis la Basilique de Koekelberg, porte d'entrée idéale pour les voitures en provenance de "l'autoroute de la mer", ce sont, quotidiennement, plus de 65.000 véhicules qui empruntent cet axe de 2,5 km vers le centre-ville.

Pour le Voka, si ces milliers de véhicules se retrouvaient dans les rues déjà encombrées de Bruxelles, le problème n'aurait pas qu'un impact sur la mobilité, mais également sur la qualité de vie des Bruxellois.

Le commerce bruxellois n'avait pas besoin de ça

Les embouteillages se font également ressentir dans les caisses des commerces bordant la petite ceinture. L'offre grandissante hors des centres urbains, plus faciles d'accès, pousse la clientèle à faire fi des magasins du centre.

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Au Sablon, les brasseries et leurs terrasses sont moins achalandées depuis les tracas du tunnel Stéphanie. "Si vous perdez 30 minutes pour venir déjeuner pendant votre pause-midi, il va de soi que vous reportez ou que vous changez de zone," nous indique Frédéric Niels, président de l'asbl du Sablon et patron au Vieux Saint Martin. Il déplore aussi la mauvaise communication vers le grand public. "On dit aux gens d'éviter le centre, d'éviter le quartier Louise," observe Frédéric Niels, "alors que dans les faits, ça ne roule pas si mal."

Toujours est-il que les commerces du centre, à peine remis du manque à gagner causé par le niveau 4 d'alerte terroriste, sont confrontés à une nouvelle tuile qui menace de fermeture les enseignes les plus vulnérables.

Délocaliser?

Pour financer un lifting d'envergure, sur papier, il existe des pistes. Mais pas de consensus politique

Le Voka voit aussi une source de financement dans une taxe kilométrique pour les particuliers après celle des poids lourds dans la capitale. 

"Des documents de 1997 attestaient déjà du mauvais état des tunnels bruxellois. Nous demandons dès lors qu'une enquête mette le doigt sur les responsabilités. Depuis 1997, qui était en charge de ce dossier ? Quels budgets ? Quelles mesures ont été prises ? Les questions sont nombreuses et nous demandons des réponses."
Olivier Willocx
Beci

Après le MR bruxellois plus tôt dans la journée, c'est au tour de la Chambre de Commerce et Union des Entreprises de Bruxelles (BECI) de réclamer une commission d'enquête parlementaire à propos de la situation des tunnels bruxellois. "Il s'agit clairement d'un défaut de prévoyance grave", affirme Olivier Willocx, administrateur-délégué de BECI.  Pire selon BECI, les entrepreneurs bruxellois sont inquiets et "une entreprise sur trois souhaiterait délocaliser ses activités en dehors de Bruxelles à court ou moyen terme."

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