chronique

À taaable!

Fernand Grifnée

Le hors-jeu de Fernand Grifnée, CEO d’Ores.

Quinze jours. Il aura fallu quinze jours depuis le début de la Coupe du monde pour que je sois invité à mon premier barbecue. C’était à l’occasion de Belgique-Angleterre, dernier match de poule de notre équipe nationale. Comme c’était l’Angleterre et non l’Irlande, l’Argentine ou l’Uruguay, aucune raison particulière ne nous poussait à commettre quelque infidélité aux produits locaux; viande de bœuf "blanc bleu" et bière étaient donc, comme il se doit, estampillés Belgique, comme un signal ultime de notre soutien à nos couleurs et à notre équipe.

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Rapidement toutefois, les conversations ont délaissé les sujets au demeurant fort importants – j’habite un petit village du Condroz où les éleveurs bovins sont plus nombreux au km² que les patrons de sociétés de réseau – de filière bovine en Wallonie et de circuit court, pour se focaliser sur LE sujet du jour: fallait-il calculer ou jouer le jeu?

Pour les distraits, rappelons les éléments du débat. En gagnant, la Belgique terminait première de son groupe; tout autre résultat lui assurait la qualification ainsi que la deuxième place. Ce dernier scénario permettait toutefois d’éviter l’ogre brésilien en quart de finale, semblant donc tracer un chemin plus tranquille et plus sûr vers la finale de l’épreuve et donc vers la possibilité d’un titre suprême.

J’ai déjà évoqué dans ces colonnes mon attachement à ce que j’appelle les "on refait le match". Vous imaginez donc sans peine le plaisir qui était le mien jeudi soir. Chacun y allait de ses arguments imparables. Pour les uns: "Il ne faut pas être naïf, le calcul fait partie intégrante de ce genre de scénario! La fin justifie les moyens; tu veux ou pas être champion du monde?" Et pour les autres: "Le sport n’a rien à faire avec ce genre de considération. On doit toujours jouer pour gagner. Toute autre attitude risque de casser la spirale positive du groupe." Sans oublier le célèbre et définitif: "De toute façon, pour être champion du monde, il faudra quand même bien les battre ces Brésiliens. Alors autant le faire le plus vite possible."

Nous attendions avec impatience la composition des équipes, signal décisif du coach lui-même pour nous départager. Signal clair également, puisqu’en mettant en place une équipe B, associant jeunes pousses et revenants de blessures en quête de rythme, Martinez faisait le choix du calcul, celui de la voie royale plutôt que du chemin escarpé. Et donc argument fort pour les tenants de la thèse du calcul, confortés dans leur certitude par le choix du sélectionneur.

Ça, c’était avant le match. 105 minutes plus tard, la Belgique gagnait, et l’équipe B était devenue une équipe A’. Martinez avait privilégié l’éthique et réussissait un coup de maître en termes de motivation d’équipe. Moi j’expliquais à qui voulait encore m’entendre que je l’avais toujours dit. Et dans l’enthousiasme de la victoire, j’invitais tout le monde chez moi lundi pour Japon-Belgique. C’est dans quelques heures et j’ai prévu un menu à la hauteur: sushis puis américain/frites. À l’heure qu’il est, vous savez si on doit préparer la caïpirinha pour vendredi.

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