chronique

L'emploi des mots... Le chic des photos

Fernand Grifnée

Le hors-jeu de Fernand Grifnée, CEO d'Ores.

Vendredi 15 juin 21h44: Espagne 3 – Portugal 2

En égalisant contre l'Espagne lors du premier match du Portugal, Ronaldo est devenu le premier héros de cette Coupe du monde. ©Photo News

Vendredi 15 juin 21h46: Espagne 3 – Cristiano Ronaldo 3. Quelque 24 heures après la cérémonie d’ouverture, il semblait bien que cette Coupe du monde tenait déjà son héros. D’autant plus que dans les jours qui vont suivre, l’étoile des Messi, Griezmann, Cavani et autres Neymar paraîtra bien pâle en comparaison.

Mes héros à moi, ceux de ma jeunesse – j’allais dire ceux de mon enfance mais ne nous emportons pas – ce sont les héros de Mexico 1986. Souvenez-vous: Jean-Marie Pfaff, Enzo Scifo, Jan Ceulemans et surtout Hugo Broos, qui avait osé prendre ses responsabilités en tirant un penalty quand d’autres joueurs soi-disant plus talentueux hésitaient; et puis bien évidemment Léo Vander Elst, a priori le moins doué des footballeurs homonymes, qui nous avait expédiés en demi-finale, là même où un autre héros, Diego Maradona, allait presque à lui seul nous priver du bonheur suprême.

Comme toutes les passions, le foot s’embarrasse rarement de nuances lorsqu’il est question de vocabulaire.

Comme toutes les passions, le foot s’embarrasse rarement de nuances lorsqu’il est question de vocabulaire. Or, si les mots veulent encore dire quelque chose, il n’est jamais question d’héroïsme sur un terrain. De talent sans doute, d’émotion souvent, de grandes joies et de cruelles désillusions alternativement mais non d’héroïsme. Les passagers qui ont mis hors d’état de nuire un terroriste lors de l’attaque du Thalys du 21 août 2015 ou, plus près de nous, le lieutenant-colonel Beltrame, le sans-papiers malien Mamoudou Gassama ou les forces de l’ordre qui le mois dernier ont arrêté Benjamin Herman dans sa folie meurtrière nous ont rappelé, malheureusement dans des circonstances souvent tragiques, que les mots ont encore un sens.

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Nul besoin donc de les détourner pour s’enthousiasmer alors qu’un zeste de mauvaise foi bien assumée suffit largement à exprimer ses états d’âme de supporter. D’autant que le foot, ce sont d’abord les images qui en parlent le mieux: la frappe stratosphérique de Dries Mertens face au Panama qui, soyons chauvins, renvoie celle de Coutinho au rang des goals de cour de récréation; le doublé de Romelu qui n’a eu besoin lui ni d’un penalty, ni d’un coup franc, ni d’une erreur du gardien adverse pour faire parler la poudre; l’intervention magistrale de Thibaut Courtois, à la 54e minute "alors que le score n’était encore que de 1-0", qui confirme pour qui osait encore en douter son statut de meilleur gardien de la planète; et puis il y a Eden, qui joue comme dans son jardin et nous envoie au paradis, comme samedi face à la Tunisie.

L’emploi des mots justes, le chic des photos choisies et commentées avec toute l’objectivité que requièrent les circonstances… Et voilà un supporter heureux.

Mais j’allais oublier: encore merci Léo!

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