chronique

L'ère du techno foot

Eric Giacometti

Le hors-jeu d'Eric Giacometti, auteur de thrillers et scénariste de Largo Winch.

L’occasion faisant le larron, le prestigieux musée des sciences de la Villette, à Paris, organise une exposition sur "Science et football". Mine de rien, c’est une sacrée révolution. Le temple de la matière grise ouvre ses portes aux muscles et aux crampons. Il était temps. Cela fait des années qu’une armée de médecins, d’ingénieurs, de physiciens et de sociologues du monde entier auscultent le ballon rond sous toutes ses coutures. Et rien n’est laissé au hasard. Les joueurs, les arbitres, les supporters, la pelouse, les chaussures… Objectif de cette effervescience, les organisateurs de l’expo n’en font pas mystère: "Comment les scientifiques améliorent-ils les performances des joueurs? Peut-on fabriquer des génies du foot?" Et de clamer avec enthousiasme: "Place au techno foot."

Place au Terminator du penalty, à l’Iron Man du dribble, aux Avengers de la Liga.

Techno foot… Voilà un terme que je ne connaissais pas. Etonnant et glaçant. Etonnant par la somme d’intelligence et d’argent mise au service d’une sphère de cuir de 70 centimètres de circonférence. Glaçant par ce qu’il annonce l’ère de l’homo footballisticus du troisième millénaire. Place au Terminator du penalty, à l’Iron Man du dribble, aux Avengers de la Liga. J’exagère? Un peu. Mais quand même… Quand on plonge son nez dans les publications scientifiques, on découvre, stupéfait, l’ampleur des recherches pour créer une nouvelle espèce de sportifs. Et au passage contourner le dopage (oh le vilain mot, il paraît que ça n’existe pas dans le foot…).

Ceci n'est pas un quiz sur le Mondial, c'est un défi

Vous pensez être incollable en foot? L’histoire du Mondial n’a pas de secret pour vous? Alors tentez votre chance avec notre quiz diabolique du mondial et essayer d'atteindre la finale! (Attention, déconseillé aux débutants...)

Jouez au quiz ici!

Vous êtes sceptique? Allez jeter un œil sur le site https://www.footballscience.net qui recense les études les plus pointues, pour la plupart en anglais. On se passionne pour l’anthropométrie idéale du gardien de but, on vibre sur l’émission des ondes alpha dans la prise de décision du cerveau du joueur, on ergote sur le taux de sécrétion de cortisol optimal avant le match, on s’excite sur la dynamique de la balle flottante… Mêmes les gamins sont disséqués des pieds à la tête. Comme cette enquête sur le "comportement des joueurs de moins de treize ans dans la prise de décision tactique dans le but d’améliorer les programmes d’entraînement".

Une dernière, plus cocasse. Elle est un peu ancienne, 2010, mais reste la référence sur le comportement du supporter. Concoctée par le Social Issues Research Center, un grand institut britannique, elle a scanné 20.000 supporters. Que des hommes, issus de douze pays européens. Résultat: 60% d’entre eux préfèrent regarder un match de haut niveau plutôt que d’avoir des relations sexuelles. J’attends avec impatience la prochaine étude sur le taux d’infidélité des conjoints pendant cette Coupe du monde…

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