L'impact économique du Mondial frôle... le zéro

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Contrairement à certaines idées reçues, performances sportives en Coupe du monde ne vont pas forcément de pair avec performances économiques.

La Coupe du monde de foot, qui démarre dans six jours, influence-t-elle l’économie des pays participants? Comme en 2014, ING (un des gros sponsors des Diables Rouges) a tenté de répondre à cette question. Résultat: l’impact est… quasiment nul.

Découvrez qui remportera la Coupe du monde, sur la base des statistiques compilées de toutes les équipes, lors des deux dernières années.

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"La Coupe du monde peut avoir un impact positif sur le moral des gens, les amener à consommer davantage de bière, à acheter des télés, mais cela va sans doute se faire au détriment d’autres dépenses, comme les vacances, par exemple", estime Romain Meuwissen, économiste chez ING; "sans compter qu’elle peut affecter la productivité au travail quand les matchs ont lieu pendant les heures de bureau."

Une étude internationale, citée par ING, est ainsi parvenue à démontrer que, dans certains cas, surtout en Amérique latine, il y a un lien négatif entre les performances de l’équipe nationale et la croissance du PIB par habitant du pays. Quant à l’impact d’une victoire finale, il est tout aussi compliqué à mesurer.

"La Coupe du monde peut avoir un impact positif sur le moral des gens, les amener à consommer davantage de bière, à acheter des télés, mais cela va sans doute se faire au détriment d’autres dépenses, comme les vacances, par exemple."
Romain Meuwissen
Economiste chez ING

Sur la base de données de Thomson Reuters, ING a comparé l’évolution de la croissance économique des quatre derniers vainqueurs européens de la Coupe du monde avant et après leur victoire, le tout par rapport à la moyenne de la zone euro. Les résultats sont contrastés. Alors qu’une douce euphorie s’était installée dans le pays, la France a vu sa croissance légèrement reculer par rapport à la période précédant sa victoire.

"Il ne faut pas oublier qu’elle était également organisatrice", rappelle Romain Meuwissen, "la croissance enregistrée avant la compétition a sans doute été portée par un regain d’activité due à l’organisation de l’événement, la construction d’infrastructures, etc.", rappelle l’économiste.

Pendant la Coupe du monde le pays organisateur bénéficie en outre des rentrées du tourisme et, après, pour autant que les investissements consentis aient été pensés intelligemment, ils peuvent servir au pays sur le long terme. En Russie, des travaux ont été effectués pour augmenter le flux de passagers dans les aéroports de Moscou, des toutes ont été construites, des gares ferroviaires ont été rénovées.

L’Espagne a vu sa croissance baisser malgré sa victoire en 2010.

Quant à l’Espagne, elle a aussi vu sa croissance baisser malgré sa victoire en 2010, mais elle était alors en plein marasme économique au lendemain de la crise financière. A contrario, l’Allemagne a vu la sienne progresser durant l’été 2014, "mais dire qu’elle a gagné 0,2 points uniquement grâce à cette victoire me semble exagéré", estime Romain Meuwissen.

Finalement, seule l’Italie a vu son déficit de croissance se résorber significativement pour frôler la moyenne de la zone euro à l’époque. "L’Italie est un pays du sud où les gens sont plus fanatiques, mais de là à imaginer que cela les a poussés à consommer davantage, cela me semble également réducteur car d’autres facteurs ont dû jouer", conclut-il.

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La France, l’Espagne et le Brésil favoris des pronostics

Qui va gagner la Coupe du monde? La France. C’est ce que pronostique ING. La banque voit les Bleus battre l’Espagne en finale après avoir sorti le Brésil en demi, les Ibères éliminant pour leur part l’Allemagne. Laquelle devrait battre les Diables Rouges en quarts.

Pour arriver à pareille conclusion, ING s’est appuyée sur les données du site spécialisé Transfermarkt qui évalue la valeur financière des joueurs. La France y arrive en tête, ses 23 joueurs étant évalués à 1,083 milliard d’euros. Suivent l’Espagne (1,035 milliard), le Brésil (950 millions), l’Allemagne (885) et l’Angleterre (874).

La Belgique est 6e, les 23 Diables valant 760 millions. "Ce pronostic est validé par d’autres études", relève Romain Meuwissen. Ainsi, le bureau d’études BCA Research, qui a élaboré un modèle sur la base des résultats des matchs des trois dernières Coupes du monde et… des statistiques du jeu vidéo Fifa, voit lui aussi les Diables échouer 1/4 de finale, mais l’Espagne gagner la finale face à la France.

Quant aux bookmakers, ils estiment également que la Belgique sera stoppée en quarts, le Brésil étant leur favori.

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