La Chine a qualifié ses entreprises pour le Mondial

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La Chine n’est pas au Mondial, mais ses grandes entreprises, elles, ont fait le déplacement et se taillent une place de choix parmi les sponsors.

Autour des terrains, on ne voit qu’elles: Wanda, Hisense, Mengniu et Vivo. Ces marques inconnues du grand public en Europe font pourtant partie du club très fermé des sponsors officiels de la Coupe du monde. Sur les douze partenaires de la Fifa et sponsors officiels, quatre sont chinois! Si l’équipe nationale n’a pas pu se qualifier, les entreprises chinoises sont quant à elles bien présentes en Russie.

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En 2016, le groupe immobilier Wanda, est le premier à s’être fait une place dans le carré des sponsors. Dans la foulée, Vivo signait un chèque de 400 millions d’euros pour un contrat de six ans, incluant le Qatar en 2022 après la Russie cette année. La marque de téléphone portable se lance à l’assaut des marchés russe, indien et africain cette année affichant de grandes ambitions, tout comme la marque d’électronique grand public Hisense qui avait déjà sponsorisé la Coupe d’Europe en 2016.

Mais qu’est-ce qui pousse la Chine à sortir ainsi son carnet de chèque? D’abord, il y a l’appétit grandissant des Chinois pour le ballon rond. L’équipe nationale a beau ne s’être qualifiée qu’une seule fois en 2002 pour les phases finales et stagner à la 75e place du classement de la Fifa, le football est une priorité pour un gouvernement qui mélange allègrement sport et patriotisme. Le président Xi Jinping est, dit-on, féru de ballon rond, et voudrait que son pays remporte la Coupe du monde en 2030… Sacré challenge. Dans le pays, les clubs continuent d’attirer les stars du monde entier à coups de salaires mirobolants comme Witsel et Carrasco, deux joueurs des Diables Rouges.

On estime que 900 millions de téléspectateurs chinois suivent régulièrement les matchs en Russie, et 100.000 supporters ont même fait le déplacement. La présence de ces grandes marques chinoises autour du terrain est au moins pour eux un lot de consolation.

Lors de coupe d’Europe de 2016, Hisense avait ainsi vu ses ventes exploser de 65% dans le pays, et marquait également un beau succès d’estime auprès des consommateurs européens. Car ces marques, notamment Vivo, HiSense et Wanda sont engagées dans un processus d’internationalisation qui les pousse à communiquer tous azimuts notamment dans les domaines sportifs.

L’argent chinois pourrait un jour séduire la Fifa

Mais d’autres explications sont avancées. "En s’imposant ainsi auprès de la Fifa comme un partenaire indispensable et riche, la Chine espère pouvoir un jour influencer les votes en sa faveur", explique Simon Chadwick, professeur à Salford University et spécialiste du secteur. Quand la Chine voudra organiser le Mondial, elle n’aura plus qu’à actionner le volet financier, et l’on sait que la Fifa y est très sensible.

Lancé à l’assaut des marchés russe, indien et africain, Vivo a signé en 2016 un chèque de 400 millions d’euros pour un contrat de six ans, incluant le Qatar en 2022 après la Russie cette année. ©REUTERS

Enfin, il y a des raisons plus politiques. Moscou et Pékin sont redevenues des partenaires stratégiques, notamment face aux Etats-Unis. Vladimir Poutine était encore en Chine au début du mois. Alors que Moscou avait bien du mal à boucler son budget pour cette Coupe du monde, ne rassemblant que deux grosses entreprises nationales comme sponsors, elle avait bien besoin de l’argent chinois. La plupart des grandes multinationales longtemps sponsors du Mondial sont en effet devenues réticentes face aux scandales de corruption au sein de l’instance du football mondial et n’étaient pas forcément partantes non plus pour associer leur nom à un événement dans la Russie de Poutine.

Continental, Johnson & Johnson, Castrol ou encore Sony et Emirates ont toutes déclaré forfait. Mais pour Pékin, en revanche, pas de problème.

"Autant les entreprises occidentales sont soucieuses de leur image, autant les entreprises chinoises sont soucieuses de plaire à leur président."
Simon Chadwick
Salford University

"Autant ces grandes entreprises le plus souvent occidentales sont d’abord soucieuses de leur image, autant les grandes entreprises chinoises sont d’abord soucieuses de plaire à leur président", souligne Simon Chadwick.

L’issue de la compétition reste encore incertaine, mais une chose en tout cas est sûre, la Chine a déjà décroché la timbale.

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