La Coupe du monde à l'heure des paris en "live"

©BELGAIMAGE

De plus en plus, les joueurs parient sur des faits de match durant les rencontres, plutôt que sur le résultat final. Ladbrokes ou Betfirst adaptent leur offre en conséquence.

Tous les deux ans, les opérateurs de paris sportifs bénéficient de mois de juin et juillet particulièrement fastes grâce au ballon rond. L’Euro de foot et la Coupe du monde leur apportent un supplément d’activités en des périodes habituellement plus creuses. À cette époque de l’année, en effet, les championnats de nombreux sports d’équipes, dont ceux de foot, sont terminés, de même que les Coupes d’Europe, ce qui se traduit dans leurs officines de pari ou sur leur site internet par des chutes de fréquentation. C’est dire si le Mondial en Russie les incite à peaufiner leur offre et leur communication.

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"L’engouement pour cette compétition, et donc pour les paris sur celle-ci, est très important, et il l’est encore plus cette année, compte tenu de la qualité de l’équipe des Diables Rouges", souligne Alexis Murphy, le CEO de Betfirst, l’opérateur de paris détenu par IPM, la société qui édite La Libre et La DH. "Traditionnellement, en football, ce sont les mois de mars et d’avril qui sont les plus denses, mais cette fois, on s’attend à enregistrer de meilleures performances en ces mois d’été."

700 millions
d’euros
Le total des mises des joueurs dans les agences physiques des opérateurs agréés atteint 700 millions d’euros en Belgique

Très compétitif depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle régulation du marché en 2010, le marché belge des paris est dominé par quelques acteurs de poids. Dans les offices "physiques" (offline), le leader est Derby, qui appartient au groupe britannique Ladbrokes Coral, récemment racheté par le géant mondial GVC, suivi par Betcenter et Bingoal. Dans le marché en ligne, Unibet (groupe suédois Kindred) occupe sans doute la première marche du podium, devant le groupe belge Napoleon Games Sport, Ladbrokes, Betfirst et quelques challengers.

Que pèse ce marché à l’échelle belge? Deux chiffres pour fixer les idées, avec cette réserve qu’ils se rapportent à l’exercice 2016 et que depuis, le marché a peut-être encore grossi: le total des mises des joueurs dans les agences physiques des opérateurs agréés dans notre pays a atteint 700 millions d’euros, tandis que le total de leurs mises sur les sites autorisés s’est établi à 703 millions, soit 1,4 milliard pour les deux modes de jeux, en ligne et offline.

Parier sur une minute ou un corner

L’événement en Russie sera l’occasion de vérifier une tendance récente, l’avènement des "live bettings". Ces "paris en direct" permettent aux joueurs de miser durant les matchs, sur des événements susceptibles de se produire au cours de chaque rencontre: minutage des buts, délivrance de carton jaune ou rouge, prochain coup de coin, exclusion d’un joueur, etc. Apparu sur notre marché domestique voici cinq ou six ans, ce type de pari s’est développé au point de ravir la majorité des mises aux paris d’avant match ainsi qu’aux paris sur les résultats finaux des compétitions.

703 millions
d'euros
Le total des mises des joueurs sur les sites autorisés dans notre pays s’est établi à 703 millions.

"Chez Betfirst, ils représentent désormais plus de 50% de tous les paris", relève Alexis Murphy. "Dans nos agences bruxelloises, plus de 80% des paris se font en direct aujourd’hui", observe de son côté Yannik Bellefroid, le CEO de Ladbrokes Belgium. "Certains de nos concurrents réalisent même 100% de leurs recettes sur les live bettings", précise-t-il avant d’ajouter que "les marges sont plus faibles, mais aussi plus stables dans les paris en direct que sur ceux d’avant-match".

Avec le "live betting", les parieurs les plus invétérés peuvent miser jusque sur le nombre de cartons délivrés par l'arbitre. ©BELGA

Le Mondial sera aussi l’occasion de tester les communications des opérateurs. Allusion aux problèmes d’addiction dont souffrent plusieurs dizaines de milliers de joueurs dans le pays, et à la campagne en faveur de jeux responsables et contrôlés qu’a lancée, le mois dernier, la Commission des jeux de hasard avec la participation active de son ministre de tutelle Koen Geens (Justice).

Dans le même ordre d’idées, Bago, la fédération des opérateurs privés de jeux de hasard, a aussi annoncé que ses membres limiteraient leurs messages publicitaires à la télévision durant les matchs de qualification des Diables Rouges.

Il semble néanmoins que nombre d’opérateurs vont continuer de mener des campagnes agressives, notamment en faisant miroiter de plantureux bonus aux candidats joueurs. Sur ce plan-là, la Loterie nationale entend se démarquer de manière radicale de ses concurrents. "Nous ne ferons aucune publicité télévisuelle, radiophonique ou par affichage pour notre produit Scooore lors du Mondial", indique son porte-parole Jean-François Mahieu. "Nous ne communiquerons que sur les réseaux sociaux et nous ne lancerons que quelques actions limitées dans notre réseau retail." Si la Loterie s’abstiendra donc de faire "du matraquage publicitaire" pour son offre de paris sportifs à l’occasion de la Coupe du monde, c’est pour honorer sa mission de canalisation du jeu. "Et sur notre plateforme en ligne, ajoute Mahieu, nous avons des modérateurs prêts à intervenir, nous contrôlons strictement l’âge des joueurs et nous avons introduit une série de limites qu’ils sont obligés de respecter, tout cela dans l’optique de protéger les joueurs" contre le risque d’addiction.

Nainggolan vaut deux points sur onze

La cote globale dont bénéficie la Belgique auprès des opérateurs de paris tourne actuellement aux alentours de 11, ce qui signifie que le joueur qui mise un euro sur la victoire finale des Diables touchera 12 euros en cas de succès. Elle a toutefois été meilleure il y a un peu moins d’un mois: avant le 21 mai, elle se situait à 9 ou 10.

Ce qu’il s’est passé entre-temps? Le sélectionneur Roberto Martinez a annoncé que Radja Nainggolan, le demi de l’AS Roma, ne ferait pas partie des 23 joueurs retenus. Du coup, la cote de l’équipe belge a chuté de deux points. Cela donne une petite idée de la popularité (et de l’estime) dont jouit le joueur auprès de la population…

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