Le calme revient sur les Bourses, avec l'approche de la World Cup

©BELGA

Qui dit Coupe du monde dit aussi calme sur les marchés. Un phénomène qui se reproduira vraisemblablement cette année.

Dans moins de 10 jours débutera la Coupe du monde de football 2018. Elle se terminera le 15 juillet. Si ce que les analystes de Bloomberg ont observé lors des précédentes coupes devait se vérifier cette année encore, il y a tout lieu de penser que la volatilité des marchés baissera en intensité ce mois-ci. Selon un décompte effectué par Bloomberg, elle a décliné au cours de quatre des cinq dernières World Cups.

Et la baisse a été d’autant plus sensible quand la Coupe était organisée en Europe. Pourquoi? Parce que les matchs se déroulaient à des heures où les transactions sur les Bourses étaient habituellement actives. Distraits par cet événement sportif, les courtiers étaient donc plus nombreux à rester à l’écart des marchés.

Voilà ce qui explique le recul de la volatilité généralement observée durant les semaines de la Coupe. Avec toutefois pour cette année un hic, soulignent les analystes de Bloomberg: l’Italie, les Etats-Unis, la Chine et la Corée du Nord, des pays qui ont récemment contribué à la volatilité des marchés, n’y participent pas…

Les "titres" de la Coupe

Dans le même temps, on peut imaginer que les investisseurs n’en seront pas moins distraits de leur côté par cette World Cup. Comme on peut aussi imaginer que les férus des investissements boursiers chercheront, eux, à profiter d’éventuelles opportunités d’achat. Comme celles d’actions de sociétés susceptibles de tirer le plus gros profit de la victoire de l’une ou l’autre équipe. On pense à Nike  , Puma   et Adidas  entre autres. Les analystes de la banque suisse UBS estiment que la victoire finale reviendra à l’Allemagne (24 points) habillée par Adidas, devant le Brésil (19,8 points) et l’Espagne (16,1 points). La Belgique terminerait la Coupe à la sixième place, avec 5,3 points.

Les actions des entreprises qui sponsorisent la Coupe elle-même, comme AB InBev   (via Budweiser), Coca-Cola  , Gazprom  et Visa  sont aussi avancées par les analystes. Ou encore celles des sociétés susceptibles de bénéficier des retombées de la World Cup. Citons, outre les compagnies aériennes, l’hôtelier Accor  . Mais aussi la chaîne de télévision TF1  , qui a obtenu les droits de retransmission en France. Et bien sûr l’incontournable site de paris en ligne Ladbroke  , racheté il y a peu par GVC Holdings  .

Rouble en baisse

Cela dit, et sans pour autant jouer au rabat-joie, il est bon de rappeler que la victoire de l’Allemagne en 2014 n’a pas été suivie d’une victoire de l’action Adidas à la Bourse de Francfort. Les Bourses ont coutume en fait d’anticiper les événements. Il est probable que pour beaucoup d’entre elles, les actions ont, à cette heure, déjà anticipé les éventuelles perspectives favorables que pourrait susciter la World Cup. Puma, Nike, Lufthansa  , Accor, GVC Holdings enregistrent déjà des hausses de plus 30% au cours des 12 derniers mois. Et si des titres comme AB InBev et TF1 affichent pour leur part des pertes, celles-ci font suite à des doutes qu’ont les investisseurs sur l’évolution de leurs affaires.

Certains seront peut-être tentés d’investir dans l’économie russe. Mais selon une petite enquête effectuée par la Binck auprès de ses clients, à peine 3 sur 10 estiment que la Coupe du monde boostera l’économie de pays qui l’organise. Les investisseurs risquent d’être vraiment peu nombreux à privilégier cette voie.

En fin de compte, on pourrait se demander si ceux qui bénéficieront le plus de cette World Cup, ne seront pas ceux qui y assisteront. La baisse de 12% du rouble russe à 0,0138 euro ces douze derniers mois et de 36% depuis la dernière Coupe de 2014 va très probablement renforcer ce sentiment auprès d’eux.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content