Le carolo Dreamwall qualifié pour la finale du Mondial

©Dreamwall

Décors virtuels pour TF1, téléportation de joueurs pour la RTBF… Les technologies de Dreamwall enrichissent l’expérience du téléspectateur accro du ballon rond.

La retransmission télévisée d’un match de foot ne se limite plus aux commentaires d’un speaker et de son consultant. A fortiori pour la compétition reine qu’est la Coupe du monde. Il faut la contextualiser, l’animer, la dynamiser. Bref, enrichir l’expérience du téléspectateur. Entre parenthèses, c’est aussi un moyen d’éviter de le voir filer regarder les matchs à l’extérieur sur des écrans géants, une audience qui n’est pas mesurée.

La technologie offre désormais aux chaînes une panoplie d’outils pour améliorer cette expérience. Le studio carolo Dreamwall est devenu orfèvre en la matière. Détenue à parts égales par un quatuor d’actionnaires privé et publics (les Editions Dupuis, la RTBF, Sambrinvest et Wallimage Entreprises), la société est au départ plutôt réputée pour ses travaux d’animation. Il s’agit la plupart du temps d’adaptations sur grand et petit écran de personnages de la BD franco-belge (Le Petit Spirou, Astérix…). Depuis quelques années, elle a élargi sa palette d’activités aux outils graphiques pour les chaînes de télévision: habillages de chaînes, décors virtuels, réalité augmentée

L’an dernier, elle s’était fait remarquer en signant la réalisation des décors virtuels de France 2 pour les soirées électorales des élections présidentielle et législatives. Une référence qui a notamment attiré l’attention de TF1 qui souhaitait dynamiser ses soirées footballistiques durant la Coupe du monde en créant un magazine Le Mag de la Coupe du monde. "Les premiers contacts remontent à septembre-octobre dernier quand ils ont vu la qualité de notre travail, notamment pour France 2, explique le directeur général Thibault Baras. Au sein même de leur studio réel, ils vouaient créer un studio virtuel permettant de faire différentes animations et incrustations."

Décors virtuels

Les équipes de Dreamwall ont ainsi reconstitué en 3D le stade de Sotchi – un des premiers terminés et le plus spectaculaire sur le plan architectural. Elles ont pu y incruster 30.000 "spectateurs" dont la couleur du maillot changeait en fonction des équipes qui jouaient, comme si le plateau du magazine était installé dans le stade.

Dreamwall a aussi conçu le plateau de TF1. ©Dreamwall

Le terrain, le vestiaire de l’équipe de France, la table de massage, la chambre des joueurs, leur bus… tout a été virtualisé permettant au présentateur vedette Denis Brogniart (Koh Lanta…) de s’y déplacer et de montrer aux téléspectateurs l’envers du décor dans lequel évoluent les Bleus.

Ce travail a nécessité la mobilisation de 7 à 8 collaborateurs de Dreamwall durant quatre mois. Une équipe est partie en Russie pour capter les images permettant de modéliser tous les décors. "Nous avons aussi adapté les éléments des décors en fonction de l’évolution des résultats de la compétition, relève Thibault Barras. Je suppose que d’ici la finale, que jouera la France, TF1 aura encore des demandes particulières."

Téléportation

Evidemment, tout cela a un coût que Thibault Barras se garde bien de révéler. "Disons que c’est une grosse production, mais en même temps, c’est un événement qui ne se produit que tous les quatre ans!" Pour des raisons budgétaires la RTBF, actionnaire de Dreamwall, n’a donc recouru qu’à certains des outils développés par l’entreprise.

Eden Hazard "téléporté" à Bruxelles. ©rtbf

Elle a ainsi fait appel à la très remarquée "téléportation" des joueurs, permettant aux animateurs du magazine Place Diables Rouges d’interviewer Eden Hazard, Axel Witsel ou Thibaut Courtois comme s’ils étaient en studio à Bruxelles. Effet bœuf garanti. "Cela a généré un gros intérêt, notamment de la presse flamande mais aussi de clubs comme le Bayern Munich", se félicite Thibault Barras. Cette sorte d’hologramme a de quoi intéresser, par exemple, les web TV des grands clubs européens.

Outre TF1 et France Télévisions, des opérateurs comme SFR et Canal + sont également devenus clients pour ces technologies. "Notre chiffre d’affaires dans ce créneau d’activité devrait doubler en 2018 et représenter 30% de nos revenus totaux, contre 70% pour l’animation et l’habillage de chaînes de télévision", précise Thibault Barras.

Le développement de cette activité doit ainsi permettre à Dreamwall d’être moins dépendante de commandes souvent aléatoire dans l’animation. De fait, l’an dernier, ses revenus sont passés de 7,3 à 5,8 millions d’euros, en raison notamment d’une activité plus faible en animation, comme le note l’entreprise dans son rapport de gestion. Après celui France 2, le travail réalisé pour TF1 lors de la Coupe du monde s’avérera dès lors une jolie carte visite dans ces velléités de diversification.

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