Les Belges, bons élèves du foot européen grâce aux transferts

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L’UEFA a publié son rapport annuel sur la santé des clubs européens. L’exercice porte sur l’année 2016 et montre que le fair-play financier joue son rôle. Les clubs belges affichent des chiffres plutôt flatteurs.

Mine de rien, le fair-play financier dans le football, ça marche. C’est ce que l’on peut déduire de la lecture du volumineux rapport annuel de l’UEFA sur le paysage footballistique européen. Un pavé de 125 pages, bourré de statistiques sur les bilans financiers des clubs, leurs sources de revenus, les transferts, les agents, etc.

Certes, le document porte sur les chiffres de l’année civile 2016. Il ne prend donc pas en compte le mercato de l’été dernier qui s’était soldé par un nouveau record de dépenses dans les transferts (4,2 milliards dans les 5 plus grands championnats, en hausse de 26%!), essentiellement en raison des montants fous injectés par le PSG sur le marché (400 millions à lui seul).

Vertus du fair-play financier

Il n’empêche, le fair-play financier, qui doit amener les clubs à équilibrer leurs comptes, semble faire son office. Les chiffres sont éloquents. Entre 2010, année de son entrée en vigueur, et 2016, le résultat opérationnel des 700 clubs des 55 pays auscultés par l’UEFA (qui ne prend pas en compte les transferts) est passé de -336 à +832 millions d’euros, tout ceci alors que les salaires des joueurs ne cessent de grimper. Le résultat net (incluant, lui, les transferts) reste globalement négatif, mais ces pertes nettes ont baissé de 82%, passant de 1,6 milliard à 269 millions d’euros. Au début de la décennie, seuls 9 championnats gagnaient de l’argent. Ils sont près de trois fois plus nombreux (26) en 2016.

Au début de la décennie, 9 champion-nats européens étaient dans le vert. Ils sont 26 aujourd’hui.

Enfin, dernier élément, l’endettement (pourcentage de la dette nette par rapport aux revenus) s’est considérablement réduit, passant de 60% en 2010 à 35% en 2016. Cela reste beaucoup, mais à l’inverse, les actifs nets des clubs ont doublé au cours de la même période. Pendant ce temps, les clubs ont continué à grandir. L’an dernier leurs revenus ont grimpé de près de 10%, portés surtout par l’inflation des droits télévisés.

Dans ce contexte, les seize clubs de la Jupiler Pro League font a priori plutôt bonne figure. Certes, ils sont lilliputiens par rapport à ceux des grands championnats – un club belge réalise ainsi en moyenne des revenus 11 fois inférieurs à un club anglais – mais ils ont connu la 6e plus forte croissance (50%) depuis 2010. Ils figurent aussi dans le top 5 (4e) des championnats qui ont réalisé collectivement un résultat net positif (26 millions d’euros), devant de grands championnats comme la France, l’Italie et l’Angleterre, ces deux derniers s’affichant dans le rouge. Grâce à un excellent parcours en Ligue des Champions lors de la saison 2015-2016, La Gantoise est même devenue un des clubs européens parmi les plus profitables, toutes proportions gardées.

Champions du mercato

Au-delà d’exploits, souvent aléatoires dans le chef des clubs belges, sur la scène européenne, ces bonnes performances s’expliquent essentiellement par leur faculté à bien vendre leurs meilleurs joueurs aux clubs de grands championnats européens. Au point qu’après le Portugal, autre "pays moyen" de la galaxie footballistique européenne, la Belgique affiche la deuxième balance positive entre transferts entrants et sortants. S’ils ont dépensé 77 millions d’euros dans l’acquisition de nouveaux joueurs, ils en ont vendu pour une valeur de 132 millions, soit un solde positif de 56 millions. Si bien que grâce aux transferts, dix des seize clubs belges affichent un résultat net positif.

Plus que jamais donc, c’est aux transferts que les clubs doivent leur survie. Car sur le plan opérationnel, la situation est moins brillante. En 2016, seuls deux équipes ont affiché un résultat opérationnel positif. Autrement dit, leurs ressources récurrentes (tickets, sponsoring, droits TV….) leur permettent rarement de rentrer dans les clous. En outre, leur endettement reste assez élevé.

Ceci précisé, la présentation des chiffres est délicate. L’exercice financier des clubs est généralement à cheval sur deux années, suivant en cela le rythme de la compétition sportive, plutôt que sur une année civile telle que présentée par l’UEFA. En Belgique, la Pro League, qui regroupe les clubs professionnels, ausculte deux fois par an leur situation financière. Un semestre n’est donc pas l’autre. Ainsi, au terme de l’exercice 2016-2017, les cinq ténors du championnat belge que nous avons épinglés affichaient tous un résultat opérationnel positif (avec cette réserve que l’exercice de la Gantoise porte sur 23 mois, suite à son changement de statut juridique). De manière générale, les pertes opérationnelles des clubs ont d’ailleurs tendance à baisser ces dernières saisons.

©Mediafin

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