Les Brésiliens se méfient de nos Diabos Vermelhos

À Rio, on apprécie le "onze" de l’équipe belge. Mais on reste persuadé que le Brésil va l’emporter. ©Photo News

À Rio, l’excitation pour cette "Copa" a mis du temps à monter. Mais vendredi, tout le pays sera derrière la Seleção face à des Diables (Diabos) qui ont impressionné contre le Japon.

Le Brésil va devoir affronter en quart de finale "une des sensations du tournoi", titrait le quotidien Estadão de São Paulo, après la victoire en huitième de finale de la Seleção face au Mexique lundi et celle de la Belgique face au Japon. Le onze belge inquiète les Brésiliens. La réactivité des "Diabos Vermelhos" (Diables Rouges) face au Japon lundi a impressionné les commentateurs brésiliens. "La Belgique a montré une force de résilience dans les scénarios compliqués", a salué El Pais Brasil après le 3-2 en huitième de finale. "Génération dorée", "une équipe vaccinée et à la peau dure", "des Diables Rouges matures"…

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Les Belges font forte impression dans la presse brésilienne. Le numéro 10, Eden Hazard, est redouté et comparé aux plus grands attaquants de la Coupe, y compris à Neymar. Le Globo, un des principaux quotidiens du pays, s’inquiète aussi de… la bonne maîtrise de la langue portugaise de Romelu Lukaku, qui s’y est familiarisé à Anderlecht auprès de coéquipiers brésiliens, et d’Axel Witsel, qui a joué à Benfica au Portugal. Selon le journal, "ils seront les espions du Brésil", et écouteront les conversations entre Neymar, Gabriel Jesus ou Coutinho sur le terrain et les rapporteront à leurs coéquipiers en rouge.

Autre grosse inquiétude pour les Brésiliens: l’adjoint de Roberto Martinez, l’ancien "bourreau" de la Seleção en quart de finale en 2006, Thierry Henry. Selon le site G1, l’ex-champion du monde et d’Europe a "l’expérience de la victoire" et insuffle un esprit de "vainqueur chez les Belges" qui permet de casser les "barrières psychologiques". Et aussi de relativiser la rencontre avec le Brésil: en trois rencontres dans sa vie de footballeur avec la Seleçao, Thierry Henry n’a perdu aucun match, et en a gagné deux.

"Je suis embêté, car depuis le début du tournoi, en dehors du Brésil, je soutenais la Belgique."
lucas rocha
un supporter à rio

"Je suis embêté, car depuis le début du tournoi, en dehors du Brésil, je soutenais la Belgique, raconte Lucas Rocha, un supporter à Rio. C’est une très bonne équipe, et le match va être difficile. Mais bien sûr vendredi, je soutiendrai la Seleção et je pense qu’on va gagner."

Car si les Belges inquiètent, les Brésiliens se voient quand même gagnants vendredi, et osent croire de plus en plus à "l’hexa", un sixième titre, après l’élimination de quasiment tous les favoris depuis le début du tournoi.

"On aurait dit un jour férié"

Dans les rues, la fièvre monte pour ce Mondial. Lors du match contre le Mexique lundi, qui a eu lieu à 11 heures au Brésil, les rues étaient vides et les travailleurs excusés: "à Rio, on aurait dit un jour férié", poursuit Lucas Rocha. On se retrouve au bar pour vivre ensemble le match, en jaune et vert. "Ce sera sûrement la même chose vendredi", assure Lucas. Le match sera retransmis à 15 heures au Brésil. Dans certains quartiers, les couleurs brésiliennes ornent les murs, et les trottoirs, comme à chaque Coupe du monde.

"Une grande partie des Brésiliens ont vu disparaître leur capacité à prêter attention à autre chose que le Mondial", écrivait hier Michele Oliveira, chroniqueuse dans le quotidien la Folha de Sao Paulo.

Les audiences de la chaîne Globo, qui retransmet les matchs, ont augmenté de 49% chez les femmes et de 156% chez les hommes depuis le début de la Coupe.

L’excitation pour cette "Copa" a pourtant mis du temps à monter. Les affaires de corruption, les incertitudes pour les prochaines élections qui ont lieu en octobre, et surtout la crise économique et sociale, ont continué de plomber l’ambiance pendant les phases de poules. Difficile de s’extraire du lourd présent. Mais la qualification du Brésil et les bonnes performances de ses joueurs autant en attaque qu’en défense (le pays n’a pris qu’un but depuis le début de la compétition) ont réveillé l’ardeur légendaire des supporters de la Seleção.

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